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Comment devenir SDF vision Isabelle
Nous avons donc quitté notre maison de Versailles, pratiquement vide, il reste en effet quelques objets ici et là dont on ne sait que faire. Pendant ces dernières semaines, nous avons fait appel 5 fois aux « encombrants » de Versailles, Clotilde nous a pris environ 2 mètres cube de vêtements que nous avons dû mettre en décharge faute d’association ouverte en ce mois d’aout 2007.
Entre le moment où, la date a été fixée et le déménagement définitif de notre maison, beaucoup d’émotions dans les souvenirs qui remontent à la surface quand on redécouvre, une babiole, appelé vulgairement d’ »enquestre » par Jean-Pierre, (objet encombrant – terme du sud de la France – utilisé par l’arrière grand-mère de JP). La mémoire est mise à rude épreuve, souvenir oublié qui remonte à la surface…
Pour revenir à des moments plus terre à terre, il a fallu trier le linge de maison, les draps, par dimension de lit et décider ce qui partait au Mali, ignorant totalement si nous aurions les deux lits qui partaient au Mali, ou d’autres. Nous avons convié les enfants à venir prendre, récupérer ou choisir des objets leur ayant appartenu et stocké dans la cave ou le grenier. Bien sur, ils auraient voulu tout embarquer, mais leur appartement respectif n’est pas non plus extensible. Et puis, finalement, beaucoup de ces objets sont restés par terre car le regard émerveillé dans l’instant découvre finalement un objet bien quelconque et sans utilité.
Tout a été étiqueté, et mis en carton avec les destinations finales. K pour Koutiala, B pour Bléneau et P pour Paris. Nous avions beau ranger et mettre en pile, il en restait toujours autant dans les armoires. En plus, il fallait vivre, pour Isabelle c’était un peu le bureau car elle avait fait en sorte de prendre tous ses congés en septembre pour être tranquille, pour Jean-Pierre c’était en grande partie la maison et aussi le bureau.
il fallait se débarrasser – vendre si possible – les voitures ; la Rover pour 300 €uros et la Fiat donnée aux voisins d’en face car les papiers sont restés introuvables, vraisemblablement égarés dans le déménagement. De toutes façons, nous avons découvert après coup qu’accidentée par une des jeunes filles au pair, elle ne pouvait plus être réimmatriculée.
Quelques aller retour sur Paris, pour emporter soit chez Gabrielle, soit rue Piat, tout ce qui ne partirait pas au Mali ou à Bléneau, essentiellement les papiers administratifs mais aussi des objets à posséder et auxquels nous souhaitions accéder facilement. Dans ce stress, Jean-Pierre a mis dans la Xsara de l’essence sans plomb, alors qu’elle roulait au gasoil, il a roulé 26,5 km puis panne sur le périphérique ; il a eu la chance d’être près d’une sortie et de bénéficier de l’aide d’un véhicule de Police qui l’a poussé jusqu’à la sortie. La voiture était pleine et Gabrielle attendait son père à l’appartement.
Isabelle après le coup de fil de Jean-Pierre, part le rejoindre porte de Pantin. Comme le périphérique est saturé de contrôles radar, elle regarde de temps en temps son compteur pour ne pas dépasser 80 km/heure, peine perdue, une contravention est arrivée deux jours plus tard contrôlé à 88 km/heure. Enfin arrivée à destination, nous avons fait le transfert du contenu de la Xsara dans la Peugeot et hop direction rue Piat, Gabrielle était là. Après avoir tout rangé (c’est une vue de l’esprit) nous sommes reparties dans nos foyers. Pendant ce temps les aviateurs arrivaient de Balard , montaient le véhicule sur la dépanneuse et ramenaient Jean-Pierre à la maison.
Le jour fatidique arrive, nous sommes le jeudi 23 aout 2007, les déménageurs sont là, le camion qui doit partir sur Bléneau aussi, mais la priorité c’est le container, donc on s’attelle à jouer la mouche du coche, on vérifie qu’ils emballent bien ce qui doit partir pour le Mali, quand on n’est pas sur leur dos, on range dans les cartons, car nous étions à cours et il nous faut continuer à emballer et étiqueter. Au soir du premier jour, dans le garage il y a environ 33 mètres cube de cartons et meubles qui attendent le container, le camion pour Bléneau est chargé et partira demain matin directement la-bas, nous n’avons pas le temps d’y aller.
Le lendemain vendredi 24 aout 2007, levé aux aurores, nous mettons notre sommier et notre matelas sous housse, ils seront mis dans le container. Jean-Pierre comme il l’a raconté dans l’article précédent n’a pas trop dormi. En faisant le tour, nous nous apercevons que beaucoup d’objets ont été oubliés, le vestiaire de l’entrée, les deux coffres, une table et surement d’autres choses. Les déménageurs nous ont promis d’être là vers 8 heures, à 8 h 30, nous appelons l’entreprise qui est sur répondeur. On s’inquiète, si le container arrive à l’heure et nos déménageurs en retard, on est mal. Ils sont arrivés à 8 h57, le container à 9 heures pétantes.
Le chauffeur, un as du volant, arrive à faire entrer l’arrière du container par le portail, du coup on ne peut plus ni entrer ni sortir de la maison. Nous avons quand même une solution de rechange, passer par le jardin des voisins.
Très bricoleur le voisin, tous les weekends, samedi et dimanche, monsieur fait des trous, scie et cloue, on se demande quoi, car depuis quinze ans sa maison doit être du gruyère, il faut dire à sa décharge que madame pique des crises et hurle à qui veut l’entendre (nous en l’occurrence) qu’il n’est qu’un « connard » qu’il la fait « chier » et autres mots doux. Tout ça pour vous dire que voyant que nous étions coincés chez nous et plutôt que de nous proposer de passer par chez eux, ils ont fermé leur portail et mis une chaine avec un cadenas.
Nous sommes devenus sans vraiment nous en rendre compte SDF.
Filed under: avant le départ, France
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