Maria a une rage de dent

Posted on janvier 29th, 2010

Mercredi matin, Maria arrive dans la cuisine, Isa est déjà en train de faire le pain et de préparer un pâté de campagne. Elle a mal aux dents et prend un médicament qu’elle a acheté ce matin dans la rue. Mais elle voudrait aller au marché pour acheter d’autres médicaments « traditionnels ». Nous n’avons pas de courses à faire mais nous lui donnons l’autorisation d’aller au marché. Jean-Pierre lui donne un paracétamol pour qu’elle ait moins mal.

A son retour, Isa lui explique que les comprimés achetés sur le marché ne sont pas forcément bons, elle lui rétorque :

  • la date est encore bonne ».
  • Oui lui dit Isa, mais les médicaments ça s’achètent dans une pharmacie.
  • Mais pour aller acheter les médicaments à la pharmacie, il faut d’abord passer par le centre de santé de référence, et il y a beaucoup de monde et ça prend beaucoup de temps.
  • Isa lui explique que si elle va dans une pharmacie, il faut qu’elle demande à voir le pharmacien et qu’elle lui explique où elle a mal, il lui donnera un médicament et lui dira comment le prendre.

Jeudi, nous partons voir l’artisan d’objets d’art qui se trouve pas loin de chez nous. Il est hors de prix (enfin il pratique des prix pour les touristes. A notre retour, nous trouvons Maria avachit sur les marches. Ce n’est pas son genre, Isa lui demande si elle est malade, elle redresse la tête et rien que de voir la chique qu’elle a sur la joue nous comprenons qu’elle a mal aux dents.

Elle explique qu’elle est allée à la pharmacie hier vers cinq heures et que la vendeuse lui a donné ce médicament (nifluril 250) sans explication simplement en lui disant que si elle a très mal l, il faut qu’elle en prenne deux d’un coup.

Maria ne prenant jamais de médicament, ou très rarement, en a pris deux par deux, il est 10 heures de matin et elle en a avalé huit. Elle a toujours aussi mal aux dents mais en plus elle a mal a l’estomac. Ça c’est normal avec la quantité qu’elle a pris d’anti-inflammatoire. La première des chose c’est de la faire boire, même si elle a pas soif, sa dernière prise de médicaments date de deux heures, pour l’antidouleur, elle a droit à un paracétamol, pour son mal d’estomac à un oprémazol. Isa demande à Youssouf de la ramener chez elle, il faut qu’elle boive un maximum pour éliminer le médicament qu’elle a pris à haute dose.

En fin d’après midi, Youssouf est allé la voir, elle va mieux. Jean-Pierre donne alors des antibiotiques pour ce soir, demain matin et midi. Nous verrons demain si Maria tient debout.

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Recette malienne pour ne pas travailler

Posted on janvier 22nd, 2010

Nous avons beau nous poser la question, nous n’avons pas la réponse. Dra est passé nous voir  ce matin, il doit aller au tribunal pour la suite du procès. Si la justice est lente en France, il vaut mieux pas venir au Mali, elle n’est pas lente, elle est inexistante, et surtout payante, « si tu me verse de l’argent je peux t’arranger ton affaire », ici c’est l’arrosage permanent pour qui veut arriver.

Pendant ce temps nous attendons Maria, On fait appeler Youssouf, Maria est allé au marché avant de venir à la maison, et elle rapplique à 9h30, elle a acheté des épinards, ça c’est pour faire passer le retard. Isabelle lui dit qu’il faut qu’elle nous prévienne car nous nous inquiétons et pensons qu’elle peut être malade. L’a-t-elle compris ? Nous verrons bien à l’usure. En attendant Isa fait une moussaka pendant que…  JP et Andrée jouent.

En début d’après midi, Dra se présente pour faire scanner des papiers et les faire imprimer, il passe voir Isa qui lui dit qu’il va être urgent de changer le lit de la chambre, en effet depuis notre arrivée, il y a maintenant 28 mois, nous n’avons as réussi à nous habituer à ce lit chinois aussi dur que du bois. Il va donc faire le nécessaire pour que demain matin, notre lit soit débarrassé pour y mettre le lit que nous avions à Versailles et qui est installé actuellement dans la chambre d’amis, et y mettre un autre lit venant lui aussi de Versailles. Pourquoi ce changement ? Notre lit mesure 160×200, alors que celui que nous allons mettre dans la chambre d’amis est de 140×190.

Après ces bonnes paroles, Isa est contente d’avoir plus qu’une nuit a passé dans ce lit où ni JP ni elle ne trouve le sommeil.

Mardi, Jean-Pierre appelle Dra de bon matin pour le déménagement des lits. Aujourd’hui c’est pas possible. Ils sont tellement occupés à ne rien faire qu’ils ne pourront déménager que demain à 9 heures, encore une nuit d’insomnie en perspective. Et après on se demande comment ce fait-il que le Mali est enlisé ? Parce que l’organisation du travail ça n’existe pas.

Maria aurait bien voulu aller au marché, mais c’est non, il nous reste suffisamment de légumes pour tenir encore un ou deux jours. Nous décidons d’aller marcher un peu, autant profiter que le temps n’est pas trop chaud. Nous faisons donc notre tour habituel par le centre de santé de référence qui maintenant est pratiquement terminé dans sa restauration et ses nouveaux bâtiments. La maternité complètement rénovée a repris ses airs d’avant, cuvettes, bouteilles et linge trainent sur les balustrades et le linge sèche à califourchon sur le mur d’enceinte.

rénovée au 4ème trimestre 2009

De retour à la maison, Jean-Pierre et Andrée s’attellent pour jouer au bridge pendant qu’Isabelle… Après midi tranquille, télé et solitaire pour Isa et tournois à tout va pour JP et Andrée.

Mercredi, Dra vient vers 9 heures accompagné d’un acolyte, ils vont déménager les lits, celui qui est dans notre chambre va monter au 1er étage, il sera remplacé par notre lit que nous avions à Versailles et dans lequel Andrée a dormi ces derniers jours, elle aura un autre de 140 sur 190 que nous avions amené dans le container puis en haut en attendant de servir. Et bien c’est fait.

L’après midi, Isa et JP décident d’aller « en ville », pour acheter des cacahouètes. Depuis le début de l’après midi, c’est la fête, surement un mariage, et bien non c’est la fête de l’armée, sur la place ils ont installé des tentes, des militaires font de beaux discours pendant que les femmes  de retraité militaires et veuves de militaires offrent à boire et à manger. Nous ne restons pas longtemps juste pour voir, car notre sortie est motivée par l’achat des arachides. Malheureusement c’est la fête et notre vendeuse n’est pas là. Tans pis nous rentrons à la maison pour y retrouver Andrée.

Jeudi, nous décidons d’aller faire un tour au marché pour faire découvrir à Andrée toutes les marchandises qui peuvent s’y vendre. Isa en profite pour acheter du gingembre frais qu’elle fera confire et de la cebette. Nous retournons à pied à la maison, nous étions partis au marché avec un taxi.

Fin de matinée, coupure de courant, ils ont dû trop tiré sur le jus pendant la fête de l’armée. Mais pas pour longtemps, l’électricité revient vers 13 heures, ouf ! JP et Andrée vont pouvoir jouer au bridge, pour Isa ce sera la télévision et l’ordinateur.

Vendredi, Isa prépare un frichti à base de porc, et légumes divers achetés au marché. De nouveau coupure de courant mais cette fois-ci c’est un peu plus long. Cela nous permet de nous mettre dans la galerie pour lire des bouquins de bridge pour JP et expliquer à Andrée, Isa c’est bêtement un polar.

Vers 22 heures, il y a de la musique dehors, c’est sur une place derrière chez nous. Quand cela arrive, c’était le cas la semaine passée, vers minuit tout s’arrête, malheureusement cette fois-ci ce n’est pas le cas. La musique et les chants des femmes chantant (enfin pour nous c’est plutot « hurlant ») dans les micro avec la sono à fond les manettes ont duré jusqu’a trois heures du matin. Jean-Pierre a regardé un peu la télé, puis joué au jeu de Go et enfin lu, Isa, elle a lu, elle en a profité pour lire des recettes (impossible à faire ici) ça passe le temps.

Samedi matin, alors que nous ouvrons un œil, coupure de courant qui durera plus de quatre heures. JP et Isa en profite pour faire le tri des cartons qui ont été entassés en haut et qui ont, pour certains pris l’eau. Isa découvre des fringues qu’elle a cherché au tout début de leur installation, elle pensait qu’elle les avait ramené sur Bléneau, lors d’un voyage la bas. Que nenni, c’était en haut, et si elle en parle c’est qu’elle y tient particulièrement puisque ce sont ses deux robes de mariée.

Jean-Pierre se renseigne auprès de Maria pour savoir si elle sait le pourquoi du ramdam de cette nuit, oui elle sait ! c’est une fête catho !  Ah nous on connait pas celle-ci. Normale, c’est le 250ème anniversaire de quelque chose malien… Ce que nous espérons c’est qu’ils ne recommencent pas leur chahut la nuit prochaine.

Dimanche, Isa se lance dans un soufflé au parmesan, pas mal réussi. Elle en refera peut-être. En attendant le vin rosé de ce midi a eu raison de notre conscience vite transformée en sieste bienvenue. Et pendant ce temps là !!! Nous avons eu de nouveau un coupure de courant.

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Au Mali, rien ne change, rien ne bouge…

Posted on janvier 18th, 2010

Ce lundi matin, au réveil nous sommes un peu ensuqués, pas assez dormi, il est 9h30 et il est temps de se lever car nous avons différentes choses à faire. D’abord passer au service d’immigration pour faire prolonger notre visa de séjour de 6 mois, et là une petite surprise, il faut écrire une lettre manuscrite pour demander le-dit visa et payé un timbre fiscal de 200 F CFA (30 centimes d’€) au tarif de 250 FCFA. En effet les timbres fiscaux sont vendus dans la rue et il y a une commission. le prix du mois de séjour reste inchangé.

Nous passons faire un petit coucou à Piero et discutons avec lui des difficultés rencontrées pour que les choses bougent et avancent au Mali. Nous convenons de diner le soir au Relais. Après midi, repos et farniente dans les jardins de l’hôtel. Soirée sympa à parler d’Italie et manger italien.

Mardi, Jean-Pierre a rendez vous à 9h30 avec Youssouf Soumounou le président des actionnaires, il lui remet sa démission, ils devraient le rappeler d’ici 2 semaines, on verra bien. Pendant ce temps Isabelle et Andrée partent (en voiture) visiter le point G où se situe le centre hospitalier universitaire, avec sa file d’attente de 50 mètres. Notre chauffeur, gentil, passe avec son véhicule dans des endroits pas très carrossables mais il nous amène assez proche de la vue ‘imprenable » de Bamako.

vue de Bamako

prise du point G, derrière le centre hospitalier

Alors que nous retournons vers le taxi, JP appelle, il a terminé et il n’est que 10 heures nous le prenons en descendant. Puis direction le musée de Bamako, qui s’enorgueillit d’un très beau jardin avec des animaux africains, enfin presque car on y trouve une sirène qui trône sur une pelouse, malheureusement vous ne les verrez pas car, il faut payer pour prendre des photos. Auparavant nous avons voulu visiter le musée, mais, bien qu’ouvert, il n’y a qu’une petite salle à visiter les autres étant fermées mais le prix de la visite lui est inchangé.

Nous décidons d’aller payer l’internet pour être sûrs de l’avoir demain quand nous arriverons, après la fourmi pour faire les courses, ce que nous ne trouvons pas à Koutiala et nous rentrons à l’hôtel. Nous allons au bord de la piscine et nous y déjeunons. Vers 14h45, nous partons pour le service de l’immigration pour récupérer notre passeport, puis Air Mali, on va voir Piero, il a un problème informatique, mais Jean-Pierre ne peut rien faire, Isabelle achète son billet pour le 26 mars prochain. Et retour vers notre hôtel. Soirée tranquille et diner sur place.

Mercredi, Isa va chercher Andrée pour le p’tit déj’, elle est pas bien, la nausée et mal au cœur, sans compter sur ses intestins qui font des noeuds à plaisir. C’est moche car le jour de notre départ pour Koutiala et à part Ségou, il n’existe pas d’arrêt possible.

Notre chauffeur prévu à 11 heures, arrive à 12h15, il faut dire que venir à Bamako et ne pas connaitre la ville c’est un peu l’enfer.

Andrée se sentant mieux, nous partons dès que les bagages sont dans le coffre, (une partie est entre Isa et JP à l’arrière). Andrée a trop chaud à l’avant et propose qu’on mette les bagages devant et qu’elle rapatrie l’arrière. On fait le transfert à la station Total en prenant du gasoil. Nous voic donc parti vers Koutiala, mais à la vitesse d’un escargot (60 km/h) étant la vitesse de pointe.  Un premier arrêt au péage, JP en profite pour appeler Dra afin qu’il appelle le chauffeur (qui ne parle pas le français) et lui demande d’aller plus vite. Nous repartons, mais pas trop longtemps car à chaque fois que notre chauffeur freine ou passe sur les ralentisseurs, ça racle sous le moteur.

Et bien sur arrive ce qui devait arriver, ça racle sans arrêt, le chauffeur décide de faire réparer, demande dans un village où trouver un réparateur (ici le mot garage est superfétatoire), il nous y emmène. Après avoir examiné le bas de caisse, la tole sous le moteur ne tient que par 2 vis rouillées, les 2 autres ayant disparu avec la rouille. Le réparateur prend un clic monte la voiture, se glisse dessous et avec un bout de fil de fer prélevé sur un vélo il rattache la tôle, ça tiendra bien jusqu’à Koutiala.

Nous repartons, à Fana, il est déjà 15h 15 et nous avons fait 120 km, déclare qu’il veut s’arrêter pour manger. Nous on dit qu’on s’arrêtera à Ségou, car à Fana, il n’y a pas de restaurant toubab. Il est d’accord. Nous continuons donc notre chemin, cette fois-ci, il lui faut 1h15 pour faire les derniers 120 km. Comme quoi la faim donne des ailes. En quittant le restaurant, Isa voit Yacouba (c’est le nom du chauffeur) au volant, elle lui demande s’il a mangé, non il a pas d’argent. Tiens en principe son patron doit lui donner 2500 F pour ses frais, et un riz sauce vaut 350 F. Nous lui donnons 5000 F en lui disant qu’il nous doit 2500 F. Il ira se ravitailler à la sortie de la ville.

En sortant de Ségou, Isa voit que le chauffeur s’engage dans un sens interdit, elle en fait la remarque, mais lui continue, un second sens interdit, vu cette fois par nous trois. On lui signale mais il ne nous comprend pas et arriver au rond point les policiers sont là à nous attendre. Ça dure un bon bout de temps, il faut appeler Dra pour le mettre au courant. Après moult appels avec son patron, il doit aller payer l’amende au commissariat, puis présenter le reçu au policier qui garde les papiers du véhicule en attendant. Nos 5000 F s’envolent dans la contredanse.

Après toutes ces péripéties nous arrivons à Koutiala vers 8h15 du soir. Le temps de décharger nous nous apercevons que Maria a oublié de nous laisser la clé de la chambre, nous ne pouvons pas entrer, il faut appeler Youssouf car elle est sur répondeur. Tout le monde rapplique à la maison avec Koro, la fille de Maria et son père.

Jeudi matin, Jean-Pierre doit régler les problèmes d’argent chez les employés qui l’attendaient avec impatience. L’argent file dans les avances, il doit aussi passer chez maître Tall pour payer le loyer et lui parler des affaires en cours.

Youssouf a commandé le marchand de cochon pour ce matin, ce qui fait que nous sommes dans la cochonnaille toute la matinée. L’après midi, est plus tranquille, juste un passage à la banque pour refaire le plein, après bridge pour JP et Andrée, et préparation d’une bonne soupe pour le soir par Isa (et oui, des légumes frais, il n’y a rien de mieux pour finir la journée.

Vendredi, Jean-Pierre après avoir éteint la clim, il a froid, il ne fait que 23° dans la chambre, saute dans son pantalon, il a entendu Andrée qui ouvrait les volets, Isa dans un demi sommeil lui dit qu’il n’est as encore 7 heures du mat’, on ne va pas se lever si tôt vu que nous ne faisons rien de la journée.

Le jardinier arrive sur le coup de 10 heures avec son échelle, immédiatement Isa va les voir et leur dit qu’on ne coupent pas les branches des arbres, JP arrive sur ces entre faits et discute avec eux. Quand Isa va à la cuisine pour préparer le pain, vers 11 heures, elle voit le désastre, elle qui a fait passer les bougainvilliers du mur extérieur vers l’intérieur pour avoir de belles fleurs, les aperçoit joncher sur le sol, le jardinier à tailler toutes les fleurs, le mur est vert de feuillage, elle en pleurerait. Pendant ce temps Jean-Pierre part chez maître Tall avec Andrée pour la présenter.

L’après midi paisible avec bridge pour Andrée et Jean-Pierre et solitaire pour Isa.

Samedi, Maria va au marché, pendant que JP et Andrée jouent au bridge, on avait prévu d’aller au marché avec Maria pour acheter du tissus pour Andrée afin de lui faire faire une robe « africaine », mais le tournoi passe avant le marché, tan pis pour Isa qui aurait bien aimé aller voir un autre horizon que son jardin qui somme toute est beau, même sans ses fleurs.

Bon pour le dimanche devinez ce qu’ont fait Andrée et Jean-Pierre, pendant qu’Isa faisait autre chose…

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le pot de fer contre la terre

Posted on janvier 12th, 2010

Nous voici au tour de la piscine de l’hôtel. Aujourd’hui grand nettoyage et nous nous croyons à Venise en plus chaud. Heureusement un employé est là pour évacuer le débordement du trop plein d’eau.

Un seau, une boîte de conserve en fer et au travail ! Il racle consciencieusement le sol avec la boîte et c’est à ce doux bruit qu’Isa s’endort…

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