Cette semaine, on tape…

Posted on mars 22nd, 2010

Et oui, tous les tissus que j’ai fait, sauf les quatorze partis avec Andrée, vont être « légèrement » amidonnés avant d’être tapés, cela leur donnent une couleur brillante (dû à la bougie appliquée dessus) et de la tenue. Les gars vont avoir du boulot, car j’en ai déjà vingt de prêts, plus une grande nappe et douze serviettes, et ce n’est pas terminé, car je produis tous les jours entre deux et trois tissus. Je sens que je vais avoir un peu de poids dans mes bagages la semaine prochaine quand je partirai pour la France.

Cet après midi, je vais rechercher Blandine avec Jean-Pierre pour qu’il puisse la raccompagner, et nous partons pour la teinturerie, et bien elle a été très intéressée et l’heure est passée bien vite. Ce soir nous allons diner chez eux à la maison d’Alençon, et fêter l’anniversaire d’Erick avant de faire quelques donnes de bridge. Soirée crêpes avec visites des amis qui savent que Blandine part mercredi matin pour Bamako.

J’appelle Piero pour lui dire que le 26 mars est jour férié au Mali et discuter un peu avec lui. Il me dit que l’avion de Paris est toujours dans les ateliers pour le changement des sièges, mais que peut-être sera-t-il de retour pour le 26 mars, date de mon départ pour la France.

Mardi, la cour de la teinturerie est déserte, enfin presque, toutes les apprenties sont là, mais aucune ne travaille, Ata est chez sa grand-mère, c’est Malado qui supervise mon travail, je rappelle que cela fait tout juste un mois que j’ai commencé cette formation. Mais maintenant j’ai des idées de création. Alors si personne n’est là, ce n’est pas grave, sauf pour les dosage de teinture, car pour l’hydrosulfite et la soude caustique, quand on n’est pas sûre, on trempe son doigt et on met sur la langue si ça pique (soude caustique) c’est que c’est bon. Je l’ai fait une fois, je ne le referai pas deux.

En début d’après midi nous allons faire nos adieux à Blandine qui s’en retourne en France après deux bons mois passés au Mali. Nous allons essayer d’organiser pour dimanche une rencontre entre Erick, Magassa, sa femme et leur trois enfants (dont une paire de jumeaux) et Géraldine, Benjamin et petit Ewan.

A la teinturerie c’est l’effervescence, à croire que ce matin, le travail n’était pas là (sisi, il était là sur la table à prendre la poussière). Bon passons, je suis une toubab et pas moyen de m’habituer à les voir glander quand il n’y a personne derrière eux.

Mercredi, nous apprenons que le gardien en poste devant notre maison vient de perdre son fils de 3 ans. Nous lui donnons sa journée, Youssouf fera le gardiennage jusqu’au soir. La chaleur tue beaucoup d’enfants et elle est arrivée plus tôt que d’habitude. L’hivernage n’en finissait pas, nous avons eu des pluies jusqu’en novembre, et là c’est la grosse chaleur qui est déjà installée, alors qu’on la ressent plutôt en avril mai. Ce sont les plus démunis qui trinquent.

Dans l’après midi j’appelle Piero comme prévu. Mauvaise nouvelle, l’avion ne sera pas encore livré, donc on nous met sur d’autres vols, mais pas franchement intéressant, le premier Royal Air Maroc, départ le 26 à trois heures du mat’, arrivée à Paris à 15 heures, c’est vrai ya un via Casablanca, mais 12 heures de voyage, avec un départ à la plus mauvaise heure de la nuit (c’est le moment où la vigilance est au plus bas), c’est non, la seconde possibilité c’était Aigle Azur, départ à minuit et arrivée à 6h30 à Orly. Petit inconvénient, j’ai deux bagages de 23 kg chacun plus mon bagage cabine et j’ai mon train pour Renne à neuf heures à Montparnasse, mais avant il faut que je passe à Boulogne déposer mes bagages. Je choisis le plan C, je pars pas Air France le 25 au soir. Je charge Jean-Pierre de s’en occuper, il a beaucoup de mal à trouver, et quand il trouve, il n’y a pas de vol au départ de Bamako le 24 et 25 mars pour cause de travaux à l’aéroport. Enfin c’est ce que l’on croyait car si l’aéroport est fermé toutes les nuits du dimanche au jeudi, les avions peuvent décoller jusqu’à minuit. Mais nous ne sommes plus en période estivale, il y a moins d’avions pour la France et les passagers de Air Mali ont été répartis sur les autres vols. Voilà pourquoi le 25 Air France est surbookée, quant au 24 soit il n’y a plus de place, soit il n’y a pas de vol. Toutes ces explications pour vous dire que je pars le 23 mars au soir.

Jeudi, avec mon départ avancé, je décide, avec le consentement de madame Mariko de venir travailler une heure de plus l’après midi. Ça va me permettre de terminer tout ce que je voulais faire.

Vendredi, rien de spécial, je demande à madame Mariko de venir demain afin de tout finir, comme ça lundi je viendrais chercher les bazins terminés et tapés.

Samedi, Maria est allée au marché, et moi à la teinturerie, il n’y a personne ou presque Maïème et sa fille sont là, elles sont de corvée de cuisine alors que tout le monde est en cours de coiffure. Elle m’aide bien. Ata arrive vers 11 heures, elle n’est pas bien, elle a mal à la tête.

L’après midi je m’attelle à la cuisine comme ça demain je n’aurai que le curry à faire.

Dimanche, Erick vient nous voir de bonne heure, il a un décès dans sa famille et doit prendre un avion assez rapidement. Malheureusement un dimanche ce n’est pas le top pour changer son billet d’avion. Il a fait le nécessaire, maintenant il doit attendre pour voir s’il peut partir deamin ou mardi dernier délai.

Il nous dit qu’il est rentré de Bamako avec un écologiste Benoit qui est en voyage depuis bientôt 2 ans en Afrique pour faire un rapport sur les problèmes rencontrés en Afrique. Comme ce midi il se retrouve seul, nous l’invitons volontiers à la maison. Magassa, sa femme et leurs trois enfants, et enfin Géraldine, Benjamin et petit Ewan qui est malheureusement un peu fiévreux et donc un peu grognon.

En fin de repas je leur montre mes œuvres faits à la teinturerie et à ma grande surprise, ils aiment ce que je fait et m’en achètent, je suis très heureuse que mon travail leur plaise. C’est très encourageant pour moi. J’ai des idées.

Bon nous voici en fin de semaine, demain je fais les bagages. Pour les prochaines nouvelles elles viendront un peu de France. A très bientôt.

Filed under: Koutiala | No Comments »

La journée de la femme, qu’est-ce que ça change ?

Posted on mars 15th, 2010

Et oui, nous commençons la semaine par la journée de la femme, dans la cour de la teinturerie, c’est un peu la fête, madame Mariko est partie avec une amie pour représenter les femmes auprès d’une autorité, elle rentre vers 11h30. Quand j’arrive dans la cour, les filles me disent qu’il n’y a plus de charbon de bois et qu’il faut en acheter, c’est NON, je paie madame Mariko et en échange elle me fournit de quoi travailler. J’achète le bazin les teintures et autres fixateur et soude. Moi pendant ce temps là, j’ai fait trois bazins et terminé un quatrième. Cet après midi, j’ai préparé trois nouvelles pièces de tissu. Je commence à avoir de bonnes idées et je m’améliore de jour en jour. Le seul hic, c’est que bien souvent je suis seule à faire le travail, car madame Mariko est TRÈS occupée.

Mardi, je travaille avec Ata car madame Mariko fait une formation pour les teinturières qui doit durer dix jours, heureusement que j’ai le bazin et les idées pour travailler. Les filles ne trouvent pas le sac dans lequel j’ai laissé deux bazins et que j’ai confié à madame Mariko. Je peste mais qu’y puis-je ? J’appelle JP pour qu’il me fasse parvenir deux coupons de bazins afin de travailler toute la matinée. Jean-Pierre les découpe et envoie Youssouf me les apporter. En fin de matinée JP vient me chercher Ata qui a travaillé toute la matinée avec moi, s’amuse à enfiler un soutien gorge sur son tee shirt.

Après midi, JP passe à la tondeuse à cheveux pendant qu’Isa va à la teinturerie. Autant ce matin c’était calme, il n’y avait pas madame Mariko, autant cet après midi, c’est une vraie ruche. Mais il manque quelques apprenties : Malado, Ata, Fatim et Ayoua qui ont repris leur cours d’alphabétisation.

Mercredi, je remarque que madame Mariko n’étant pas là, personne ne travaille, je suis la seule à faire de la teinture, comme je souhaiterai faire de la bougie et que je n’en ai pas suffisamment, je demande à Fatim si elle peut aller m’en chercher (je ne parle pas le bambara et je suis toubab, deux bonnes raisons pour envoyer quelqu’un qui ne fait rien). Elle me regarde et me tourne le dos en éclatant de rire. Bien sur je n’ai pas apprécié et je l’ai montré. J’ai reprise le bazin que j’avais commencé et je l’ai rangé, j’ai pris un bazin à teindre, rincer à l’eau claire et fait un ramassage kaléni par terre (pour les explications voir http://bazin.fontenille.net rubrique bazin/ramassage). Les filles voient que je suis colère, Malado propose que Sadiou y aille à la place de Fatim, je décide que non. Mais j’en parlerai à madame Mariko car je trouve le comportement de Fatim mal élevé, et que vis à vis d’une personne nettement plus agée qu’elle, elle doit un minimum de respect.

Après cet intermède, je ferme la parenthèse et demande à madame Mariko d’en faire autant. Et oui, madame Mariko quand elle crie ça s’entend de loin.

Jeudi, ce matin Fatim disparait dès qu’elle me voit, je pense qu’elle a dû recevoir l’engueulade du siècle. Je travaille avec Ata qui est rentré de la brousse où elle était hier avec sa grand mère.

L’après midi je ne rentre pas trop tard car Daniel Pautrat, consultant sur le tour du Mali arrive, son fils Denys est aussi de la partie. Nous passons une agréable soirée à la Chaumière. Daniel se dépatouillant avec les autorités pour que le déroulement de la course se déroule au mieux.

Vendredi matin, debout avant 6 heures, d’abord pour petit déjeuner et ensuite pour aller voir le départ de la course prévu à 7 heures, ils ont 147 km à faire et le soleil devient vraiment chaud vers 10 heures. Diago, l’eau minérale naturelle malienne fournit au coureur une bouteille d’un litre et demi toutes les demi heure. Sur la place nous retrouvons des connaissances, ainsi qu’un couple d’Alençonnais qui doivent venir diner ce soir à la maison avec Benjamin. A 7h30 le départ est donné devant l’emblème de Koutiala.

Le soir nous recevons donc Éric et Blandine qui sont à Koutiala depuis le début du mois de janvier, ils sont vraiment très sympa, lui est gastro-entérologue en année sabbatique, elle faisait de la politique. Et ce qui est intéressant c’est que ce sont des bridgeurs, comment a-t-on pu passer à coté d’eux, car ils habitent à 50 m de chez nous, enfin on va vite rattraper cet oublie, on se voit lundi soir pour taper le carton.

Samedi, c’est jour de congé pour moi, Maria arrive et tire une trombine, on ne sait pas ce qu’elle a, peut-être notre prochain départ en juin qui la travaille. L’après midi nous avons la visite prévue d’Éric qui avait oublie son sac à dos dans lequel se trouvait les clefs d’une salle de l’hôpital, enfin ce n’était pas perdu. D’ailleurs il es cherche et ne les trouve pas. Flute, nous retournons vers le canapé où se trouvait le sac, ouf elles avaient glissé. Tout est bien.

Dimanche, je suis un peu détraquée, jeudi dernier c’était Jean-Pierre, peut-être y a t-il quelques germes mauvais qui trainent. Bon le soir tout va bien. On a ramassé un bon kilo de haricots et du basilic pour faire un pesto délicieux.

Aller il est temps de vous quitter et de vous dire « A la semaine prochaine ».

Filed under: Koutiala | No Comments »

Le sac noir de Youssouf

Posted on mars 11th, 2010

Jeudi midi, Youssouf rentre avec Isa qu’il accompagne comme tous les jours. JP l’attend pour des courses. En effet, si Maria fait l’alimentaire frais, Youssouf est en charge de l’épicerie et certains achats spécifiques tel le lait qui est acquis en brousse . La raison tient à son vélo, entretenu à prix d’or par nous, qui lui permet de ne pas durer trop longtemps en courses. de plus, Youssouf fait finalement peu de choses mais, à son avantage, il les fait de bonne heure et le soir.

JP lui confie donc la tâche du ravitaillement en liquides : huile (de palme) et bières. Les bouteilles étant consignées, JP les a mises dans un sac plastique. Youssouf regarde et demande ce qu’est devenu le sachet en plastique dans lequel il avait mis les bouteilles de lait ce même matin. Après bientôt 3 ans au Mali, on ne se pose plus de question, on retrouve l’objet et on le passe à Youssouf. Consciencieusement, il tire de leur sachet actuel les bouteilles pour les mettre dans le sachet noir du lait. JP réfléchit et la lumière jaillit ! Le sachet précédent, de pharmacie, laissait reconnaitre qu’il s’agissait de bouteilles de bière ! Et Youssouf est un bon musulman… alors il ne souhaite pas qu’on dise qu’il achète de la bière… même si c’est pour des cathos.

Filed under: Koutiala | No Comments »

Ici c’est l’éclairage nuit et jour !!

Posted on mars 8th, 2010

Promenons nous dans les rues de Koutiala. Surprise !! Des bâtiments sont éclairés alors qu’il fait plein jour !
Nous serions surpris à moins lorsque l’on connait le coût de l’électricité ici. Prohibitif ! Qui sont donc ces nababs qui utilisent tant de courant pour rien ?
Question d’autant plus intéressantes que les maisons ainsi éclairées ne sont pas forcément en bon état. certes on trouvera des maisons coloniales de bel aspect et presque bien entretenues mais surtout des baraquements coloniaux dont les galeries ont été murées et où s’empilent des réfrigérateurs qui fonctionnent à tout va !

En fait il s’agit des logements des fonctionnaires. C’est l’état qui paye. Les salaires des fonctionnaires mais ils bénéficient de larges avantages que l’on peut estimer à deux salaires de base supplémentaires au moins.
Qu’en penser ? Sans doute ferait on mieux de les payer correctement et de leur demander de payer leurs consommations. Mais probablement s’agit il d’un moyen de tenir les fonctionnaires par le porte monnaie…

Filed under: Koutiala | No Comments »