Cette semaine, on bouge…

Posted on mars 8th, 2010

Et voici le jour fatidique, nous sommes le 1er mars, c’est mon anniversaire, et si d’habitude ça me donne la pêche, je dois dire qu’aujourd’hui j’ai plutôt le bourdon, rendez vous compte je passe à la dizaine supérieure. Enfin c’est la vie le temps s’écoule quelque fois plus vite qu’on ne le voudrait. Fermons la parenthèse et passons à des choses plus …

Je pars avec Youssouf, en chemin, je suis dit que j’ai oublié l’argent pour madame Mariko et qu’a son retour à la maison il faudrait qu’il en parle à Jean-Pierre. Ce matin je vais faire de la teinture avec l’étau, j’ai déjà plié le bazin hier soir et j’en ai un autre pour faire du chiffonnage. JP vient vers 11h30, je n’ai pas terminé, il en profite pour prendre des photos, le premier tissu est terminé, rincé et sec, je le rapporte à la maison, je l’offrirai à Gab, car ce sont ses couleurs et si ça ne lui convient pas, elle aura d’autres choix.

Aujourd’hui c’est la fête des chasseurs, ils défilent devant la cour, mais j’ai les mains dans la teinture, impossible de prendre des photos ! Dommage. Jean-Pierre vient me chercher et payer la semaine à madame Mariko qui est absente. Il donne l’argent à sa sœur. L’après midi je fait encore un bazin que je laisse sécher jusqu’à demain car aujourd’hui je ne peux pas rester plus longtemps.

Ce soir on a fait péter le bouchon et déguster du foie gras au pain d’épices fait maison, je vous dis que ça, un délice. Enfin c’est pas pour autant que je digère mon année supplémentaire.

Mardi, j’amène la fin du pain d’épices dans la cour de la teinturerie, les filles ont bien aimé, mais il ne faut pas qu’elle en prennent l’habitude. Ce matin j’ai un cours de filage avec Boniface, je dois aussi faire mon motif à la bougie et j’ai préparé un nouveau pliage de bazin, il faut dire que nous partons demain pour Ségou et Markala, on voudrait voir le festival des masques et des marionnettes, c’est l’occasion ou jamais.

Jean-Pierre m’apprend le décès d’un administrateur de Sigui Pneus, Dieu ait son âme.

Mercredi matin nous partons vers 9 heures 30 pour Ségou, il fait déjà chaud mais pour 150 km c’est supportable, notre chauffeur conduit bien et à une bonne allure entre 100 et 120 km/h. Nous arrivons à 11 heures à notre hôtel, mais nos chambres ne sont pas prêtes, nous allons donc faire un tour chez les marchands « d’art » à prix pour touristes, d’ailleurs, ils sont encore nombreux, les vacances scolaires ne sont pas encore terminées et les vendeurs savent que d’ici une semaine quinze jours, la saison chaude étant installée, il n’y aura plus de touristes. De retour, nous prenons possession de nos chambres et allons déjeuner avant d’aller à Markala. Là nous voyons bien le barrage et la retenue d’eau mais point de festival. Cette année, il a lieu le vendredi 5 mars et non pas la semaine comme c’était annoncé sur internet. Dommage, retour sur Ségou et petite sieste avant d’aller plonger dans la piscine.

Soirée au restaurant de l’hôtel avec un orchestre africain (normal).

Lendemain matin, après le petit déjeuner nous partons pour Bamako, arrivée vers midi, juste le temps de passer un maillot de bain et nous voici près de la piscine en attendant notre déjeuner. Jean-Pierre et moi allons faire quelques longueurs, c’est difficile de rentrer dans la piscine car d’une part l’eau est froide et d’autre part le premier barreau de l’échelle est très bas, j’en suis quitte pour un bleu sous le genou.

Vers 14h30, JP part pour Air Mali récupérer le billet d’Andrée, on a bien confirmé le vol hier, mais ça serait mieux si on avait le billet. vingt minutes plus tard, il m’appelle pour me dire que l’agence est fermée car c’est le baptême du prophète, la semaine dernière c’était sa naissance, et chaque fois on ferme. C’est pour cela qu’on a tant de mal à les joindre, on comprend mieux. Au retour de JP nous allons à la fourmi faire quelques courses. Après retour à la piscine avant d’aller diner au Monté Cristo, excellent restaurant de Bamako, Andrée nous y invite pour nos anniversaires.

Vendredi nous nous levons 10 mn avant le réveil, à 7 heures passées nous sommes prêts, Jean-Pierre va voir si Andrée est réveillée, elle l’est et son valises sont bouclées, nous décidons d’aller prendre notre petit déj’, de payer la note et d’aller à l’aéroport d’autant qu’Andrée se fait un epu de souci pour son billet qui est daté pour le 9 février mais nous avions fait le nécessaire pour le changement de date et mercredi, nous avons confirmé le vol.

Nous arrivons sans encombre à l’aéroport, maintenant qu’ils ont agrandi l’aérogare, le contrôle est devenu plus sérieux. Nous laissons Andrée avec un porteur, en lui disant de nous appeler si quelque chose n’allait pas.

Nous sommes à la sortie de Bamako, Andrée appelle, sur son vol, il n’y a que de l’économique, or elle a pris un billet en classe affaires, nous demandons au chauffeur de nous arrêter, pour régler le problème. Moi j’appelle Piero, mais il doit être en vol entre Rome et Paris. Jean-Pierre lui appelle Air Mali, explique le problème, il obtient qu’on mette Andrée dans le salon VIP et qu’on lui attribue le 1er rang de manière à ce qu’elle puisse allonger ses jambes.

Nous arrivons vers 13 heures à Koutiala, dans l’après midi, Piero m’appelle, je le rappelle, il est plus ou moins au courant de l’affaire, tout sera régler lundi matin.

Samedi matin, Maria, qui n’a pas fait grand chose pendant notre absence, elle pensait que nous rentrerions que le vendredi soir, fait le grand ménage dans la cuisine. Et pour cause, elle avait trois jours pour le faire. Nous pataugeons dans l’eau sale. La boîte à pain sert de récipient pour laver, je lui explique que les récipients pour la nourriture ne peuvent pas servir à laver la poussière et autres graisses de la cuisine, il faut qu’elle utilise soit une cuvette, soit un seau. Pas sur qu’elle ait compris. Elle a rangé le placard, on trouve donc tout en tas mais ce qui était à gauche est à droite et vis versa. Le rangement aura lieu lundi…

Dimanche, je prépare des pliage pour demain car je préfère arriver avec quelque chose à faire au cas où ! Aujourd’hui il fait très chaud et humide, et ce n’est que le début, 34°, on ne met pas encore la clim toute la journée, juste quand on en peut plus.

Aller pour cette semaine c’est terminé, on se revoit dans huit jours.

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Formation de teinturière

Posted on février 15th, 2010

Ce lundi, Isabelle est toute excitée, elle va commencer une formation de teinturière. A 9h05 elle appelle madame Mariko, elle est là, c’est vrai qu’elle devait m’appeler, bon je peux venir. Youssouf m’y emmène, c’est à un km environ de la maison, c’est bien je vais pouvoir marcher un peu tous les jours.

Donc madame Mariko me reçoit, elle est en est en pleine effervescence car elle va devoir partir à Bamako, flute à peine arrivée, elle doit repartir, on discute le prix de la formation, elle dit 100 000 F, je dis que ce n’est pas possible, c’est trop cher, elle propose 75 000F c’est le prix qu’elle avait fait à une française en novembre dernier. C’est toujours trop cher. On appelle JP, malheureusement le téléphone Orange ne passe pas, Isa demande à Youssouf d’aller demander à JP de l’appeler.

La négociation se terminer à 50 000 F, mais nous sommes déjà le 8 février, il va falloir encore renégocier pour payer à la semaine.

Bon on commence la leçon, d’abord le bazin, sa qualité, son prix, puis on passe à des choses plus concrètes, les coupons pour faire du tenue de femme « malienne » qui se compose qu’une casaque, c’est le haut et d’un pagne, c’est le ba. il faut 5 m au total, on prend 3,10 m pour le haut et 1,90 pour le bas.

Après leçon de pliage en accordéon pour faire de la teinture en étau. Je ne vais pas m’étendre là dessus, j’ai fait un site que vous pouvez aller voir si cela vous intéresse : http://bazin.fontenille.net après j’apprends la technique de la teinture avec la cuve mère et ses produits toxiques, l’hydrosulfite et la soude caustique. Après avoir étendu « mon œuvre, c’est l’heure d’y aller, il est midi passé. Madame Mariko me demande si je peux aussi venir l’après-midi de 16 à 17 heures, ben oui pourquoi pas. Donc je vais faire une formation de 9 heures à midi et de 16 à 17 heures, soit 4 heures et 4 km par jour. C’est bon pour le moral.

Pendant ce temps à la maison, Maria est allée au marché, et Jean-Pierre et Andrée ont joué au bridge.

L’après-midi, retour dans la cours de la teinturerie, là on m’apprend une nouvelle technique de teinture à chaud. La teinture a moins bien prise mais il parait que c’est très bien. On continuera le travail.

Ce qui est intéressant dans cette formation, c’est de voir la vie des maliens, je devrais plutôt dire des maliennes, car dans cette cour, il n’y a que des femmes. Cinq apprenties en teinture, elles ont entre 14 et 16 ans. Chacune leur tour elles sont de « corvée de repas ». Et un repas africain est très long à préparer. Celle qui est chargée du déjeuner ne participe que très peu au travail de la teinture, car elle doit d’abord allumer le feu, la cuisinière se compose de trois murets. A l’intérieur des deux parties elles font prendre le bois qu’elle a coupé auparavant avec un hache digne de la préhistoire. Pendant que le feu prend, elle va faire trois à quatre tours pour aller chercher l’eau (qui se trouve de l’autre coté de la cour) dans un seau de 30 litres. Cette eau sert à plusieurs usages, le premier faire bouillir de l’eau pour la cuisine, pour le nettoyage des légumes, pour boire et pour la vaisselle.

Malado, la dogonne

Ce jour là quand je suis arrivée, elles étaient toutes les cinq à trier le maïs, pour cela, pour cela, elle le mettent dans un plat, elles le lancent et les particules d’écorces et autres poussières s’envolent.

Et puis elles se dispersent, une va chercher l’eau, une autre commence à éplucher les légumes. Ce qui est caractéristique dans cette cour, c’est que ne travaillent que les apprenties. Il y a la fille Ama, qui se fait belle toute la journée, vernis à ongle sur les pieds, avec une bague à un orteil qu’elle fait admirer aux apprenties.Et elle a une moto, elle est toujours très élégante.

Il y a aussi une jeune femme Ma (c’est son prénom), qui si j’ai bien compris est la femme d’un de ses fils, elle a un enfant d’un an environ sur le dos, elle aide bien dans la vie de la cour mais ne participe pas beaucoup au travail de la teinture, j’ai constaté qu’il lui manquait quelques doigts à la main gauche, surement la lèpre. Elle s’occupe de sa fille toute la journée, la baigne, la nourrit au sein et lui donne à manger. Elle est aussi mal habillé que les apprenties.

Mercredi, nous allons avec madame Mariko visiter le centre de formation qui est à environ 3 km de là, c’est tout neuf et je pense qu’elle doit beaucoup se dépenser pour faire fonctionner tout ça. Bien sur elle n’est pas seule puisque c’est une association de femmes. Le retour est un peu difficile sous le cagnard, surtout qu’elle me fait faire un détour, mais c’est très bien de marcher, donc je suis contente de ma balade.

En rentrant à midi, je retrouve Géraldine et Benjamin qui n’ont plus de courant ni au bureau, ni à la maison et qui sont venus squatter pour continuer à travailler. Nous avons nous aussi une coupure d’électricité, et le temps de finir leur travail en cours et de boucler leur affaire, ils sont à leur moto quand la fée électricité revient. Eux aussi reviennent pour terminer tranquillement leur boulot.

L’après-midi, madame Mariko, elle est partie pour Bamako, elle y avait des affaires à traiter et devait présenter ses condoléances à sa grande sœur dont la fille est décédée. Ce matin, elle a donné devant moi les consignes à sa fille Ama pour le travail que je vais devoir accomplir pendant ses deux jours et demi d’absence.

Quand j’arrive, pas d’Ama, une sœur de Mariko (je crois) est là, elle recopie sur des feuilles de classeur un cahier. Peut-être est-elle institutrice ? Je le crois car elle est aphone et je lui ai dit qu’elle avait trop crié, mais non c’est dû à la poussière qui sévit actuellement.

Après avoir rechercher Ama, on la trouve, elle a déjà oublié ce que je dois faire, bon du coup elle me faire faire une teinture simple. J’en ai pour un quart d’heure à tout casser. Je montre un peu mon mécontentement.

Le lendemain, rien à faire ou presque rien, il est 10h40 quand Malado me dit abana, mais il est tôt et Youssouf n’est pas là. Comme j’ai promis à Ata de venir à la maison, elle vient avec moi. Juste avant de quitter la cour, je prend une photo de chacune des apprenties que je mets sur le site.

L’après midi, j’ai tout le temps de voir l’activité de la cour, car moi j’attends, quoi ? Qu’on se décide, enfin je vais pouvoir faire une teinture vert d’eau, temps total 10 minutes, le reste à attendre.

Le vendredi, c’est l’anniversaire de Jean-Pierre, ce midi ce sera Champagne et ce soir foie gras avec Montbazillac.

J’arrive dans la cour ce matin bien décidé à travailler, je vais faire de l’étau d’une autre manière, ce travail quand on l’a fait va nettement plus vite, en revanche, il y a une nouveauté, une des parties de l’étau est enfermé dans un plastique pour ne pas que la teinture ne passe. Que nenni elle passe très bien. Je propose qu’on scotche le plastique quand on tourne la pièce de tissu, le risque sera moins grand d’inonder ce qui ne doit pas l’être. Bingo, c’est bon.

Mais il est encore tôt, je choisi un nouveau tampon pour faire de la bougie cet après-midi, je demande à Ama de bien vouloir mettre la cuvette de cire sur le réchaud à bois avant mon arrivée pour gagner du temps, oui, oui me dit-elle. Je repars avec elle à la maison.

Bien sur, en arrivant vers 16 heures, pas d’Ama, je prends la cuvette de bougie et je demande un réchaud à bois pour essayer de regagner le temps perdu, mais on ne peut jamais le rattraper, je termine mon coupon vers 17h20, et je n’ai pas le temps de faire la dernière teinture, tans pis ce sera pour lundi.

Samedi, c’est jour de congé, pas d’atelier de teinture, le vendeur de cochon passe, il un demi avant de porc bien gras, nous lui prenons et faisons, du lard et deux pâtés sans foie. La reste de la journée calme, bridge pour Jean Pierre et Andrée  et création du nouveau site pour moi.

Dimanche c’est la saint Valentin, alors c’est de nouveau champagne, ya pas de mal à se faire du bien.

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