Cette semaine, on tape…

Posted on mars 22nd, 2010

Et oui, tous les tissus que j’ai fait, sauf les quatorze partis avec Andrée, vont être « légèrement » amidonnés avant d’être tapés, cela leur donnent une couleur brillante (dû à la bougie appliquée dessus) et de la tenue. Les gars vont avoir du boulot, car j’en ai déjà vingt de prêts, plus une grande nappe et douze serviettes, et ce n’est pas terminé, car je produis tous les jours entre deux et trois tissus. Je sens que je vais avoir un peu de poids dans mes bagages la semaine prochaine quand je partirai pour la France.

Cet après midi, je vais rechercher Blandine avec Jean-Pierre pour qu’il puisse la raccompagner, et nous partons pour la teinturerie, et bien elle a été très intéressée et l’heure est passée bien vite. Ce soir nous allons diner chez eux à la maison d’Alençon, et fêter l’anniversaire d’Erick avant de faire quelques donnes de bridge. Soirée crêpes avec visites des amis qui savent que Blandine part mercredi matin pour Bamako.

J’appelle Piero pour lui dire que le 26 mars est jour férié au Mali et discuter un peu avec lui. Il me dit que l’avion de Paris est toujours dans les ateliers pour le changement des sièges, mais que peut-être sera-t-il de retour pour le 26 mars, date de mon départ pour la France.

Mardi, la cour de la teinturerie est déserte, enfin presque, toutes les apprenties sont là, mais aucune ne travaille, Ata est chez sa grand-mère, c’est Malado qui supervise mon travail, je rappelle que cela fait tout juste un mois que j’ai commencé cette formation. Mais maintenant j’ai des idées de création. Alors si personne n’est là, ce n’est pas grave, sauf pour les dosage de teinture, car pour l’hydrosulfite et la soude caustique, quand on n’est pas sûre, on trempe son doigt et on met sur la langue si ça pique (soude caustique) c’est que c’est bon. Je l’ai fait une fois, je ne le referai pas deux.

En début d’après midi nous allons faire nos adieux à Blandine qui s’en retourne en France après deux bons mois passés au Mali. Nous allons essayer d’organiser pour dimanche une rencontre entre Erick, Magassa, sa femme et leur trois enfants (dont une paire de jumeaux) et Géraldine, Benjamin et petit Ewan.

A la teinturerie c’est l’effervescence, à croire que ce matin, le travail n’était pas là (sisi, il était là sur la table à prendre la poussière). Bon passons, je suis une toubab et pas moyen de m’habituer à les voir glander quand il n’y a personne derrière eux.

Mercredi, nous apprenons que le gardien en poste devant notre maison vient de perdre son fils de 3 ans. Nous lui donnons sa journée, Youssouf fera le gardiennage jusqu’au soir. La chaleur tue beaucoup d’enfants et elle est arrivée plus tôt que d’habitude. L’hivernage n’en finissait pas, nous avons eu des pluies jusqu’en novembre, et là c’est la grosse chaleur qui est déjà installée, alors qu’on la ressent plutôt en avril mai. Ce sont les plus démunis qui trinquent.

Dans l’après midi j’appelle Piero comme prévu. Mauvaise nouvelle, l’avion ne sera pas encore livré, donc on nous met sur d’autres vols, mais pas franchement intéressant, le premier Royal Air Maroc, départ le 26 à trois heures du mat’, arrivée à Paris à 15 heures, c’est vrai ya un via Casablanca, mais 12 heures de voyage, avec un départ à la plus mauvaise heure de la nuit (c’est le moment où la vigilance est au plus bas), c’est non, la seconde possibilité c’était Aigle Azur, départ à minuit et arrivée à 6h30 à Orly. Petit inconvénient, j’ai deux bagages de 23 kg chacun plus mon bagage cabine et j’ai mon train pour Renne à neuf heures à Montparnasse, mais avant il faut que je passe à Boulogne déposer mes bagages. Je choisis le plan C, je pars pas Air France le 25 au soir. Je charge Jean-Pierre de s’en occuper, il a beaucoup de mal à trouver, et quand il trouve, il n’y a pas de vol au départ de Bamako le 24 et 25 mars pour cause de travaux à l’aéroport. Enfin c’est ce que l’on croyait car si l’aéroport est fermé toutes les nuits du dimanche au jeudi, les avions peuvent décoller jusqu’à minuit. Mais nous ne sommes plus en période estivale, il y a moins d’avions pour la France et les passagers de Air Mali ont été répartis sur les autres vols. Voilà pourquoi le 25 Air France est surbookée, quant au 24 soit il n’y a plus de place, soit il n’y a pas de vol. Toutes ces explications pour vous dire que je pars le 23 mars au soir.

Jeudi, avec mon départ avancé, je décide, avec le consentement de madame Mariko de venir travailler une heure de plus l’après midi. Ça va me permettre de terminer tout ce que je voulais faire.

Vendredi, rien de spécial, je demande à madame Mariko de venir demain afin de tout finir, comme ça lundi je viendrais chercher les bazins terminés et tapés.

Samedi, Maria est allée au marché, et moi à la teinturerie, il n’y a personne ou presque Maïème et sa fille sont là, elles sont de corvée de cuisine alors que tout le monde est en cours de coiffure. Elle m’aide bien. Ata arrive vers 11 heures, elle n’est pas bien, elle a mal à la tête.

L’après midi je m’attelle à la cuisine comme ça demain je n’aurai que le curry à faire.

Dimanche, Erick vient nous voir de bonne heure, il a un décès dans sa famille et doit prendre un avion assez rapidement. Malheureusement un dimanche ce n’est pas le top pour changer son billet d’avion. Il a fait le nécessaire, maintenant il doit attendre pour voir s’il peut partir deamin ou mardi dernier délai.

Il nous dit qu’il est rentré de Bamako avec un écologiste Benoit qui est en voyage depuis bientôt 2 ans en Afrique pour faire un rapport sur les problèmes rencontrés en Afrique. Comme ce midi il se retrouve seul, nous l’invitons volontiers à la maison. Magassa, sa femme et leurs trois enfants, et enfin Géraldine, Benjamin et petit Ewan qui est malheureusement un peu fiévreux et donc un peu grognon.

En fin de repas je leur montre mes œuvres faits à la teinturerie et à ma grande surprise, ils aiment ce que je fait et m’en achètent, je suis très heureuse que mon travail leur plaise. C’est très encourageant pour moi. J’ai des idées.

Bon nous voici en fin de semaine, demain je fais les bagages. Pour les prochaines nouvelles elles viendront un peu de France. A très bientôt.

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La journée de la femme, qu’est-ce que ça change ?

Posted on mars 15th, 2010

Et oui, nous commençons la semaine par la journée de la femme, dans la cour de la teinturerie, c’est un peu la fête, madame Mariko est partie avec une amie pour représenter les femmes auprès d’une autorité, elle rentre vers 11h30. Quand j’arrive dans la cour, les filles me disent qu’il n’y a plus de charbon de bois et qu’il faut en acheter, c’est NON, je paie madame Mariko et en échange elle me fournit de quoi travailler. J’achète le bazin les teintures et autres fixateur et soude. Moi pendant ce temps là, j’ai fait trois bazins et terminé un quatrième. Cet après midi, j’ai préparé trois nouvelles pièces de tissu. Je commence à avoir de bonnes idées et je m’améliore de jour en jour. Le seul hic, c’est que bien souvent je suis seule à faire le travail, car madame Mariko est TRÈS occupée.

Mardi, je travaille avec Ata car madame Mariko fait une formation pour les teinturières qui doit durer dix jours, heureusement que j’ai le bazin et les idées pour travailler. Les filles ne trouvent pas le sac dans lequel j’ai laissé deux bazins et que j’ai confié à madame Mariko. Je peste mais qu’y puis-je ? J’appelle JP pour qu’il me fasse parvenir deux coupons de bazins afin de travailler toute la matinée. Jean-Pierre les découpe et envoie Youssouf me les apporter. En fin de matinée JP vient me chercher Ata qui a travaillé toute la matinée avec moi, s’amuse à enfiler un soutien gorge sur son tee shirt.

Après midi, JP passe à la tondeuse à cheveux pendant qu’Isa va à la teinturerie. Autant ce matin c’était calme, il n’y avait pas madame Mariko, autant cet après midi, c’est une vraie ruche. Mais il manque quelques apprenties : Malado, Ata, Fatim et Ayoua qui ont repris leur cours d’alphabétisation.

Mercredi, je remarque que madame Mariko n’étant pas là, personne ne travaille, je suis la seule à faire de la teinture, comme je souhaiterai faire de la bougie et que je n’en ai pas suffisamment, je demande à Fatim si elle peut aller m’en chercher (je ne parle pas le bambara et je suis toubab, deux bonnes raisons pour envoyer quelqu’un qui ne fait rien). Elle me regarde et me tourne le dos en éclatant de rire. Bien sur je n’ai pas apprécié et je l’ai montré. J’ai reprise le bazin que j’avais commencé et je l’ai rangé, j’ai pris un bazin à teindre, rincer à l’eau claire et fait un ramassage kaléni par terre (pour les explications voir http://bazin.fontenille.net rubrique bazin/ramassage). Les filles voient que je suis colère, Malado propose que Sadiou y aille à la place de Fatim, je décide que non. Mais j’en parlerai à madame Mariko car je trouve le comportement de Fatim mal élevé, et que vis à vis d’une personne nettement plus agée qu’elle, elle doit un minimum de respect.

Après cet intermède, je ferme la parenthèse et demande à madame Mariko d’en faire autant. Et oui, madame Mariko quand elle crie ça s’entend de loin.

Jeudi, ce matin Fatim disparait dès qu’elle me voit, je pense qu’elle a dû recevoir l’engueulade du siècle. Je travaille avec Ata qui est rentré de la brousse où elle était hier avec sa grand mère.

L’après midi je ne rentre pas trop tard car Daniel Pautrat, consultant sur le tour du Mali arrive, son fils Denys est aussi de la partie. Nous passons une agréable soirée à la Chaumière. Daniel se dépatouillant avec les autorités pour que le déroulement de la course se déroule au mieux.

Vendredi matin, debout avant 6 heures, d’abord pour petit déjeuner et ensuite pour aller voir le départ de la course prévu à 7 heures, ils ont 147 km à faire et le soleil devient vraiment chaud vers 10 heures. Diago, l’eau minérale naturelle malienne fournit au coureur une bouteille d’un litre et demi toutes les demi heure. Sur la place nous retrouvons des connaissances, ainsi qu’un couple d’Alençonnais qui doivent venir diner ce soir à la maison avec Benjamin. A 7h30 le départ est donné devant l’emblème de Koutiala.

Le soir nous recevons donc Éric et Blandine qui sont à Koutiala depuis le début du mois de janvier, ils sont vraiment très sympa, lui est gastro-entérologue en année sabbatique, elle faisait de la politique. Et ce qui est intéressant c’est que ce sont des bridgeurs, comment a-t-on pu passer à coté d’eux, car ils habitent à 50 m de chez nous, enfin on va vite rattraper cet oublie, on se voit lundi soir pour taper le carton.

Samedi, c’est jour de congé pour moi, Maria arrive et tire une trombine, on ne sait pas ce qu’elle a, peut-être notre prochain départ en juin qui la travaille. L’après midi nous avons la visite prévue d’Éric qui avait oublie son sac à dos dans lequel se trouvait les clefs d’une salle de l’hôpital, enfin ce n’était pas perdu. D’ailleurs il es cherche et ne les trouve pas. Flute, nous retournons vers le canapé où se trouvait le sac, ouf elles avaient glissé. Tout est bien.

Dimanche, je suis un peu détraquée, jeudi dernier c’était Jean-Pierre, peut-être y a t-il quelques germes mauvais qui trainent. Bon le soir tout va bien. On a ramassé un bon kilo de haricots et du basilic pour faire un pesto délicieux.

Aller il est temps de vous quitter et de vous dire « A la semaine prochaine ».

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La chaleur est de retour

Posted on mars 1st, 2010

Lundi 22 février, c’est la sainte Isabelle, donc ma fête. Ce soir on va faire péter le bouchon. En attendant nous continuons à avoir des problèmes de robinets. Samedi, c’était celui de la cuisine qui donnait des faiblesses depuis quelques jours et dimanche c’est celui du lavoir, mais là on sait que ce sont les nouveaux gardiens, ah oui ! c’est vrai, on ne l’avait pas dit, nous avons échangé nos trois vieux gardiens par deux jeunes. Mais ils ne connaissent pas le maniement du robinet (ici on prend l’eau au puits). Enfin Abdramane nous a déjà fait la réparation de la cuisine avec un robinet « chinoiserie » c’est à dire qu’il va pas tenir longtemps, déjà il goutte. Il fera la réparation du lavoir cet après midi car ce matin il suit des cours.

Quant à moi et bien je continue mon travail dans la cour des teinturières, ce matin, teinture et dénouage des fils pour voir apparaître les dessins, je suis un peu déçue car le bleu que j’avais mis a pratiquement disparu, le bain de teinture a été trop long, et là je peux dire que ce n’est pas moi, car cette teinture reste longtemps sur les doigts et madame Mariko n’a pas voulu que je la fasse..

JP a préparé le repas. Après le déjeuner, je fais le pain, et pendant que je range les ingrédients, je m’aperçois que j’ai oublié la levure. Je malaxe avec une maryse et je coupe l’alimentation pour arrêter la programmation qui est en route. Un quart d’heure plus tard, c’est bon, nous aurons du pain frais ce soir.

Dans la cour, cet après midi, j’ai décousu à la lame de rasoir tous les petits nœuds qui cachait la couleur bleu ciel et le rouge que j’avais appliqué avant le jaune ; pour faire du orange. Ça fait très joli, mais il va falloir le laver demain matin avant de le ramener à la maison et le donner à Andrée. J’ai récupéré le tissu de ce matin, il a été tapé et je dois dire qu’il a meilleur allure, couleur bronze et luisant, si Andrée n’aime pas, je le prends pour moi.

Mardi, j’ai apporté le boubou de Jean-Pierre qui est blanc pour ceux qui le connaissent. Mais avec l’humidité et une petite inondation de l’armoire (je ne savais pas), il avait triste mine, donc il va passer à la teinture bleu roy qui est un mélange de bleu et de violet pour soutenir le bleu, le bain de teinture ayant servi au boubou est versé dans le chemin dehors, bonjour la soude caustique et l’hydrosulfite, vive la santé publique.

Je commence aussi une nouvelle technique, celle du balayage (voir mon site http://bazin.fontenille.net) je passe une première couche de teinture jaune, l’après midi, après avoir de nouveau « balayé » j’applique du fushia. la dernière couche sera faite demain et elle sera bleu.

Mercredi, en arrivant dans la cour, j’entreprends madame Mariko sur le fait qu’elle fait déverser des produit toxiques dans la rue (qui est en terre) et que les animaux (volailles, cochons, chèvres et même les chiens viennent s’abreuver dans les marigots. Elle m’explique qu’elle a déjà proposé à la mairie de faire creuser un trou pour y mettre un tuyau qui irait jusqu’à une espèce de canal aussi pollué mais par SNF qui est un producteur de pétrole et qui déverse allégrement tous les déchets toxiques dans le canal.

Je finis mon travail sur la bougie et j’entreprends une autre technique du balayage, on verra bien le résultat. Pour le moment Andrée à l’air d’apprécier le travail que je lui fait. En fin de matinée Ousmane, vendeur de bazin vient se présenter. Ce n’est pas ce marchand que j’ai vu par deux fois au marché. S’en est un autre dont les prix sont moins élevés pour un bazin identique. Je fais mon choix et appelle Jean-Pierre pour savoir s’il est d’accord pour que j’en achète, la réponse est oui, cet après midi, il faudra envoyer Youssouf à la banque.

Second passage de balai sur le bazin pour y appliquer du bordeaux, après je voudrais y mettre du vert mais madame Mariko me dit qu’elle voudrait faire faire un faufilage dessus, je ne comprends pas bien ce qu’elle veut je verrais ça demain avec elle. Le marchand de bazin passe, je le paie, il est tellement surpris qu’il va illico le dire à la patronne.

Demain, madame Mariko va voir une vieille tante malade en brousse, elle ne sera de retour que vers 10 heures, du coup je lui dis que je vais faire un pliage à la maison, comme ça je pourrai faire de l’étau en l’attendant.

Ce matin, jeudi, quand j’arrive à l’atelier, madame Mariko est là, mais elle va partir en brousse d’ici un instant (unité de mesure très élastique) heureusement que j’ai préparé hier soir un petit travail à faire, je vais pouvoir m’occuper. On commence à faire chauffer l’eau pour le travail à l’étau, je vais appliquer du vert d’eau qui me servira plus tard pour faire du vert foncé. En attendant je demande si on peut faire chauffer la bougie, ben non on ne peut pas. Pourquoi ? Parce que le « fourneau y est gâté » traduction le réchaud à bois n’a plus de plaque pour poser le charbon de bois. J’appelle Jean-Pierre et lui demande de faire venir le notre par Youssouf. On va gagner du temps dans nos tâches. Comme madame Mariko est partie, les filles viennent prendre leur petit déjeuner près de moi et me demande de partager leur repas : gâteau de haricots blancs et couscous de mil. J’explique que j’ai déjà pris mon petit déjeuner ce matin. Je leur prépare pour demain une brioche, j’espère qu’elles aimeront.

L’après midi, j’arrive, madame Mariko se repose, je décide de faire de la teinture à l’étau, je regrette de ne pas avoir préparé le tissu avant. Je fais mon travail tranquillement quand Youssouf arrive, il est déjà l’heure et je viens de faire ma cuve mère bleue, pas possible de partir sans avoir terminé le boulot. Je m’y mets donc, je commence à sentir la fatigue, enfin j’ai terminé, je vais pour retirer le bazin quand celui-ci m’échappe et le coté orange plonge dans la teinture bleue, immédiatement je reprends l’étau et le rince dans de l’eau propre, et je recommence l’orange, résultat des courses : 3/4 d’ heure de rab.

Ce matin Maria arrive à 8 heures moins 10, elle a dû tomber du lit ou elle veut assister à la fête de cet après midi à Koutiala, elle commence par retourner le robinet tout neuf installé par Dra Samedi dernier, il faut dire que c’est de la chinoiserie et que ça ne tient jamais. Jean-Pierre appelle Dra à la rescousse. On prend notre douche rapidement avant de couper l’eau.

Aujourd’hui, Jean-Pierre m’accompagne chez madame Mariko pour discuter avec elle en lui proposant de la payer toutes les semaines au lieu de la payer au mois. Elle comprend très vite que 12500 F lui passe sous le nez, car ayant commencé le 8 février, elle gagnait une semaine, enfin elle est d’accord et c’est le principal. Moi j’ai apporté la brioche avec de la confiture de mangue, tout le monde a bien apprécié.

Jean-Pierre est reparti avec Youssouf au marché pour m’acheter de nouvelles tongs, celles que j’ai, sont d’une part usées et d’autre part je glisse dedans. Il a fait une bonne action en payant une paire de tongs à un vieux (il avait une barbiche blanche) qui marchait pieds nus.Vers midi, il est passé me prendre à la cour de teinturerie, j’étais bien contente, il revenait de la pharmacie.

Maria vient avec Youssouf pour m’expliquer qu’à partir de samedi, elle devra partir à 14 heures car elle va prendre des cours de français au centre de formation Espoir, et comme les cours sont de 15 à 17 heures, elle arrivera plus tôt le matin, mais partira aussi plus tôt l’après midi. Pour nous c’est d’accord. D’ailleurs il est temps qu’elle apprenne le français car depuis maintenant presque un an et demi, on essaye de se comprendre tant bien que mal.

Vers 16 heures nous sommes repartis à la teinturerie car j’avais à rincer le dernier bazin et il fallait l’étendre au soleil, dix minutes plus tard, il était sec. Youssouf et son frère nous ont accompagné à l’aller et au retour. Jean-Pierre en a profité pour prendre quelques photos de la cour où je travaille ainsi que les alentours.

Samedi Maria arrive à 8 heures, elle commence cet après midi les cours de français. Nous attendons madame Mariko pour 9 heures, elle rapplique à 10 heures, je lui présente Maria, et nous apprenons que les cours ne débutent pas aujourd’hui comme prévu mais plus tard, car la liste des élèves est partie à Bamako pour être signé par les autorités. Les cours ne commenceront qu’après réception de la dite liste. En attendant nous prenons un thé lipton sous l’arbre en discutant de choses et d’autres. Sa fille Ama, fait le tour du propriétaire.

Elle regarde le site que j’ai fait sur la teinture sur bazin et souhaiterait bien le mettre sur une clé USB, je lui explique que non ce n’est pas possible mais le site est ouvert à tout le monde sur internet.

Et nous voici déjà dimanche, demain je change de dizaine et je sens tout le poids du monde sur mes frêles épaules, enfin en attendant, j’entreprends de faire un pain d’épices pour déguster avec le foie gras de demain soir. Je suis toujours affolée quand j’ouvre les placards, car Maria n’est pas ce que l’on peut appeler « ordonnée », voyez plutôt :

Et ne croyez pas que c’est exceptionnel, pour trouver un ustensile, il faut quelquefois chercher dans trois placards tout aussi bien « rangé ». Et c’est vrai que quelque fois je pique ma crise, mais Jean-Pierre l’aime bien même s’il reconnait son gros défaut.

Une nouvelle année que déroule le temps, et comme le dit si bien ma sœur Agnès « tu es en haut de la montagne, restes-y un moment avant de redescendre, on n’est pressé pas de voir de l’autre côté de la montagne et quand on redescend c’est prudemment à petits pas. »

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Une formation sans formatrice

Posted on février 22nd, 2010

Nous voici lundi 15 février, la chaleur arrive doucement, maintenant il fait plus de 30° et la nuit la température ne descend plus en dessous de 25°. Mais ce n’est que le début les grosses chaleurs son pour le mois d’avril et mai où nous serons plus dans un créneau de 40° le jour et 30° la nuit, heureusement nous aurons la clim pour nous soulager, enfin presque car dans la cour de teinture, seule l’ombre sera bénéfique, pas de climatisation, pas de ventilateur, j’espère pouvoir survivre.

Ces considérations faites, je suis contente car aujourd’hui madame Mariko est rentrée, je vais pouvoir avancer dans ma formation. En arrivant, nous faisons la teinture du bazin que j’ai traité à la bougie vendredi dernier. Je ne vois pas madame Mariko mais je ne m’inquiète pas, ici on ne s’active pas de bonne heure. D’ailleurs leur petit déjeuner (de la semoule de maïs aux petits oignons) est pris entre 9 et 10 heures du matin.

Le travail terminé, teinture puis rinçage sur le feu à l’eau bouillante pour enlever la cire. Quand malgré les gants on ne tient plus et bien on met de l’eau froide dedans ça refroidi les doigts et quand ça redevient insupportable on vide les gants et on refait la même manipulation. Je demande où est madame Mariko, car il est quand même près de 10 heures et je ne l’ai pas vu apparaître. La réponse est simple elle n’est pas rentrée hier car elle n’avait pas pu terminer ses « négociations ». Ah ! Et quand rentre-t-elle ? Mercredi. Et d’ici là, a-t-elle donné des instruction pour la formation ? Ben non, on n’a plus de bazin .

Bon je décide donc d’acheter du bazin, Andrée voudrait offrir des paréos à ses petites filles, c’est l’occasion ou jamais.

Comme il est de bonne heure, je demande si je peux aller voir le fileur car j’aimerai savoir comment il fait. Pas de problème, cet après-midi on ira acheter le bazin.

Mais non nous ne sommes pas allés acheter le bazin car le fileur avait terminé son travail, donc on va faire la dernière teinture qui doit être foncée, nous prenons du violet appelé ici « encre » comme quand on était gosse à l’école. après cela on commence à défaire les petites poupées qui vont révéler de très beaux dessins.

Mardi, ce matin, il est 8 heures quand on sonne à la porte, c’est le marchand de porc, on avait oublié qu’il devait venir, il nous vend un petit foie et un demi avant de 4,5 kg, ce devait être un cochonnet.

Dehors, il y a beaucoup de bruit, c’est une grande manif dans les rues de Koutiala. Que se passe–il ? Une jeune étudiante à été tuée par un chauffard qui n’avait pas de freins, malheureusement ici ce n’est pas rare, vu l’état de certains véhicules, on se demande comment ils peuvent encore rouler. Je vais à la rencontre de Malado qui doit m’accompagner au marché pour acheter le bazin, avec Andrée nous avons opter pour un bazin à 3000 F, c’est pas le plus beau mais c’est déjà de la très bonne qualité.

Ata est avec nous car elle doit aller acheter des légumes et de la viande pour ce midi. En chemin, je vois notre marchande d’arachides qui avait disparu depuis quelques mois. Jean-Pierre pesait qu’elle avait un autre travail et que c’était sa fille de 14 ans qui tenait son étal. Et bien non, elle était absence pour une autre bonne raison que voici :

C’est Lucie et elle a trois mois. Nous continuons notre chemin, Ata abandonne son vélo avant le pont pour aller à pied dans le marché, elle nous quitte chez le marchand de tissus. Ils nous montrent les bazins des plus chers 6500 F le mètre à 3000 F, en discutant, il me dit qu’il a du très beau bazin à 2000 F, je demande à voir, et décide de prendre ce dernier, quand je serai plus habile avec les techniques de la teinture je pourrais prendre du bazin de meilleure qualité.

Nous passons voir le marchand de teinture, il n’est pas ouvert. Nous retournons donc dans la cour de la teinture, je finis mon travail commencé la veille à savoir défaire à la lame de rasoir les filages faits. Le résultat est très beau.

Ama vient me voir et me dit que le bazin c’est bien mais que si je n’ai pas la teinture je ne peux rien faire, je lui explique que le vendeur de teintures était fermé. Et bien tu iras avec Fatim (Fatou Mata) car Malado est de corvée de cuisine. Bon je dis rien et je continue de défaire le bazin. Ma vient me donner un coup de main, malgré le handicap de sa main gauche, elle se débrouille très bien.

Ça discute dur en bambara, et ça rigole aussi. Ama s’en va avec des papiers à la main. On a terminé, j’essaye de comprendre pourquoi Ma et Malado me disent : on y va, alors que Ama m’a dit qu’elle ne pouvait pas venir. Je comprends enfin, Fatim va remplacer Malado à la cuisine, comme ça on va pouvoir faire les bons choix de teintures. Quand on rentre il est 11h30, Malado, me dit qu’on ne va pas commencer maintenant, je suis d’accord mais au lieu de venir à 16 heures je viendrais à 15 h 30.

J’arrive à l’heure dans l’après midi, on commence une teinture à l’étau avec des couleurs flamboyantes, j’ai l’intention de faire filé le bazin pour faire des motifs qui feront ressortir les couleurs. Mon travail terminé, je retourne à la maison et montre ce que j’ai fait à Andrée, elle aime beaucoup et n’a pas envie que l’on fasse des motifs, elle trouve l’étoffe très belle comme ça.

Mercredi je préviens Malado que le bazin fait la veille ne doit pas partir chez le fileur car mon amie le préfère comme il est. On fait faire les coutures et Youssouf repart à la maison avec le premier tissu. Ce matin je vais apprendre une nouvelle technique de chiffonnage, qu’on appelle la « salade ». Ça fait de très belles couleurs fondues entre elles. Andrée aime beaucoup car je lui ramène dès le midi. J’ai commencé le troisième coupon qui lui recevra de la bougie. Malado est malade et ça se voit elle est somnolente. Dans l’après midi, quand je viens dans la cour, il n’y a pas grand monde, Malado est au lit car elle a un rhume me dit-on, pourtant il me semble que ce matin elle avait une grosse migraine. Elle réapparaît vers 17 heures, mais toujours patraque. Je quitte la cour vers 17 h 50 pour aller au marché avec Youssouf pour acheter du bazin et de la teinture. On revient complètement crevé.

Ce matin Dra est passé voir Jean-Pierre pour lui annoncé que la réunion avec les administrateurs avait lieu le lendemain matin et qu’il prend le car pour Bamako cet après midi. Il pense reprendre le car demain après midi. Dembélé vient nous saluer, il est plein d’espoir. Inch’Allah.

Après le repas, j’ai préparé les yaourts et un pâté de campagne, Jean-Pierre m’aide pui disparait, je le rappelle car j’ai oublié de mettre la couenne en dessous avant de verser la mêlée, il s’en occupe, allume le four et met le pâté à l’intérieur. Quand je rentre vers 19h15 des courses en ville, je demande si le pâté est bien. Surprise de JP et Andrée. Tu nous avais pas dit de surveiller. Ben voyons, je pars à 16 h de l’après midi, le pâté va sortir tout seul du four. Enfin le résultat c’est du charbon.

Jeudi, aujourd’hui madame Mariko est de retour de Bamako, après huit jours d’absence. Elle revient chargée de bazin « riche » qu’elle a acheté la-bas, elle a aussi fait faire des tissus en plusieurs morceaux. Elle était partie avec un grand nombre d’étoffes qu’elle avait teint et est allée voir des « tailleurs », « stylistes » et couturiers pour qu’ils imaginent de nouveau motifs. En attendant, le temps passe et je me manifeste en demandant ce que je dois faire, il y a un fileur Karim qui est là, il va s’occuper du premier coupon que j’ai apporté. Je fais venir un nouveau tissu pour que je puisse travailler. Elle me le fait teindre en bleu ciel et le donne à Karim qui va faire du fil pour un motif. Bon je rappelle de nouveau JP pour qu’il me fasse porter un nouveau bazin. Elle me le fait teindre lui aussi en bleu clair, bon et maintenant… C’est Boniface l’autre fileur qui prend la relève pour faire du filage. Ces deux hommes ont des métiers bien précis et ils doivent avoir un diplôme pour exercer, quand on connait la valeur (marchande) d’un diplôme, on peut être pris d’un doute. Mais non, ces deux là travaillent bien.

L’après midi, on fait salon dans la cour, enfin presque, je prends des photos de Boniface en train de travailler, c’est tout, je dis ma déception à madame Mariko qui s’empresse de me dire que ce sont les fileurs qui n’ont pas terminé leur ouvrage à temps. Au moment où je repars, Karim arrive avec les deux étoffes, chouette ! Demain je vais pouvoir travailler.

Vendredi, il est à peine 8 heures du matin qu’on sonne à la porte, Isa dit : tiens ça doit être Dra, JP Andrée disent non ! Le gardien n’est pas à son poste et JP ne retrouve plus la clef, enfin il ouvre la porte, c’est bien Dra qui est rentré hier soir et qui vient dès ce matin faire un compte rendu à Jean-Pierre de la situation. En résumé, ils veulent rouvrir l’usine mais ils sont encore en discussion (depuis aout 2007). La première avancée, ils doivent lever les scellés de l’usine, !la voiture qui pourrissait depuis début septembre 2008 dans la cour du tribunal a été reprise par l’avocat des administrateurs. Et enfin, ils ont donné un chèque pour payer deux mois de salaire (ils en devaient quatre).

Bon c’est pas tout ça, je me rends à la cour, ce matin c’est une vraie ruche, madame Mariko a acheté du bazin qu’elle a déjà vendue et les étoffes teintes sont déjà en train de sécher, d’autres sont en tas avec un échantillon de tissu pour la couleur. Et moi l’un dedans, et bien j’arrive tant bien que mal à faire deux teintures et commencer un dessin à la bougie. Je m’aperçois qu’en tournant d’un quart de tour le tampon, on obtient un très beau rond avec des motif au quatre coins et des ornements au centre, j’en parle avec madame Mariko, elle ne s’en était pas aperçue, c’est l’élève qui montre au maître. Malheureusement je me trompe dans un motif, il faut tout recommencer, ça sera pour cet après midi.

En arrivant madame Mariko me dit qu’elle s’est posée la question s’il fallait qu’elle passe mon tissu dans l’eau bouillante pour enlever la bougie. Je lui réponds que oui il fallait le faire, et ben non c’est resté comme ça. Du coup il faut faire bouillir de l’eau, réchauffer la bougie. Bon en attendant que ça chauffe je vais faire la teinture du bazin filé par Boniface, la deuxième teinte est rouge. Madame Mariko vient me voir et me dit qu’elle doit s’absenter car elle doit aller présenter ses condoléances à une famille. Malheureusement ici ce n’est pas rare, quand les grosses chaleurs arrivent, certains ne survivent pas. PEndant ce temps, je me prépare à refaire de la bougie, l’étoffe est sèche. Aller, hop c’est parti. Mais l’heure tourne, je termine jusqu’à ce que la bougie ne soit plus assez chaude, je finirai lundi matin.

Aujourd’hui samedi, je commence la journée par faire le pain, puis un pâté et un jambon blanc qui macérait depuis quelques jours, le lait arrive, je fais les yaourts et bouillir l’autre litre de lait. Maria revenant des courses, je fais la soupe, et oui chez nous, c’est soupe chaude le soir, autant profiter des bons légumes de saison, une ratatouille et je prépare ue pâte brisée pour une tarte au épinards. Jean-Pierre m’a bien aidé pour la charcuterie. Dès que le pâté est cuit c’est au tour de la tarte de passer au four. Voilà, j’ai fait un max pour la cuisine, on va pouvoir congeler de la soupe et peut-être bien de la ratatouille. Après-midi, repos bien mérité.

Ce dimanche, c’est calme, repos dominical entrecoupé de tournois de bridge. Pour moi c’est télé et ordi.

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