Il s’en passe des choses à Koutiala

Posted on avril 19th, 2010

Bon voici le lundi 12 avril qui se pointe, ce matin je vais chez madame Mariko, j’amène la batterie de son fils Samba qui la payer d’avance. pour les autres objets commandés par madame Mariko, elle viendra les chercher et les payer.

Quand j’arrive dans la cour, c’est le souk, parterre des tas de linges et tissus en tous genres. Madame Mariko m’accueille en me disant qu’elle pensait que je me reposerais aujourd’hui et viendrais demain. Et bien non, je recommence dès le lundi, d’ailleurs je ne suis pas tant fatiguée que ça.

Je vais travailler comme j’en ai l’habitude, elle fait son rangement avec les filles, moi je demande de l’eau, car le robinet est fermé au cadenas, l’eau étant très chère ici, on préfère prendre l’eau au puits, en plus, elle ne contient pas de chlore, ce qui est mieux pour la teinture.

Je lui demande de faire venir le marchand de bazin pour acheter quelques coupons, après quelques négociations on se met d’accord. Nous rentrons à la maison car Madame Mariko voudrait voir les achats que j’ai fait pour elle. Elle est accompagnée de son fils qui transporte les coupons de bazin que je viens d’acheter, et comme nous sommes de bons payeurs nous le payons tout de suite.

Ils essayent l’aspirateur, regardent les cartouches d’encre et les clés USB et demandent le prix, j’ai toutes les factures, JP fait la note et convertit en F CFA. Elle trouve que ça fait cher mais reconnait aussi qu’elle en a acheté pour beaucoup et qu’en fin de compte ça lui revient moins cher que si elle avait acheter au Mali.

Bon elle est en compte avec nous. Ils repartent avec tous les objets. L’après midi, la cour est rangée, les filles dorment, Katou la sœur, dort sur la table où j’aurai bien voulu travailler, tans pis, je travaille sur le seul banc de libre. J’apprends par madame Mariko qu’hier au soir elles sont sorties et qu’aujourd’hui elles sont fatiguées.

Mardi, quand j’arrive dans la cour, madame Mariko me prévient qu’elle doit partir car elle doit aller à la remise des diplômes de trois de ses apprenties : Fatim, Malado et Ayoua. Autant dire dire que en son absence, le travail est au niveau zéro. De mon coté je m’active pour faire des teintures. J’ai la nette impression qu’on me boude.

L’après midi, c’est l’effervescence, car il faut préparer les « uniformes » pour le « top » qui se déroule le 17 avril prochain, mais qu’est-ce que c’est le TOP ? C’est une fête de nuit organisée par l’association des artisans de Koutiala pour récolter quelques sous. D’abord la tenue qui vaut 10 000 F et que porteront les artisans (enfin ceux qui auront pu se la payer) et ensuite l’entrée, je n’ai pas très bien compris mais il y a trois prix : 1 000, 2000 et 5000 F, à l’occasion je demanderai pourquoi.

Le mercredi je demande à madame Mariko si je peux apprendre à faire des points pour le filage, oui d’ailleurs Boniface doit venir, il se marie dimanche prochain avec sa promise Alice, ils sont tous les deux catholiques et le mariage aura lieu dans son village à lui.

Il m’apprend un premier point, mais comme je suis gauchère et que je fais tout à l’envers, j’ai quelques difficultés à le suivre, en plus il est très rapide dans son mouvement, résultat je mets un temps infini avant de comprendre et de faire le point. Mais une fois enregistrée, ça va.

Ce soir nous décidons, comme Andrée est debout de très bonne heure, d’aller faire une ballade vers 6 heures demain matin. A la fraiche, si on peut dire.

Donc ce matin, jeudi nous allons faire une promenade vers les champs de manguiers juste en face de chez nous. Le retour est difficile pour Andrée, nous devons nous arrêter plusieurs fois afin qu’elle se repose, il fait 28° et nous sommes sur une route non goudronnée avec des trous et des bosses.

Dans la cour de la teinturerie ce matin, ça bouge, les « uniformes » sont en teintures, madame Mariko donne ses ordres et tout le monde obéit,  je profite d’un moment d’accalmie pour demander à faire un nouveau point, le premier c’était le cauris, le second c’est le rasta, je continue dans mon coin à faire le shibori.

L’après midi je demande à Boniface s’il peut m’apprendre encore un point, il ne comprend pas, madame Mariko intervient et lui dit « elle veut apprendre des points que nous avons mis 25 ans à apprendre ». Je ne dis rien, j’avale ma salive et j’en conclue… A la maison, après la teinturerie, je m’essaye seule à faire les ponts appris, et bien, ça se passe pas ci mal que ça, on verra bien à la teinture.

En soirée, Andrée décide de nous accompagner demain matin pour notre promenade matinale.

Vendredi, nous sommes debout et habillés à 6 heures, Jean-Pierre va chercher Andrée qui est encore au lit et a décidé de ne pas venir. Bon nous sommes prêts et allons nous balader dans la brousse en passant par le marigot qui est pratiquement à sec. Nous faisons tout un grand tour et revenons par la ville où les marchandes commencent à installer leur étal de poissons, ça ne sent pas encore trop, il n’est que 7 heures, mais je vous dis pas vers 10 heures ce que ce sera.

J’ai plusieurs bazin à faire taper, hier après midi j’ai fait un motif à la bougie, avec un essai de couleur par dessus la premier, ce n’est pas mal du tout. je fais un pliage pour pouvoir faire du shibori dessus, je voudrais essayer de me perfectionner dans cette technique car après les points simples j’aimerai faire des motifs genre fleurs ou oiseaux ou autre chose.

L’après midi, je fais donc des points avec « contours », c’est à dire que là, je dessine sur le tissu et enferme mon motif dans du plastique. Je ferai aussi des rasta au centre des losanges. Le tissu sera visible sur le site http://bazin.koutiala.fr

Ce samedi matin, nous attendons le vendeur de porc qui avait amené un petit cochon l’autre jour, moi je dois aller à la pharmacie pour Jean-Pierre, pendant mon absence petit Ewan arrive, ses parents, Benjamin et Géraldine doivent aller présenter leurs condoléances à un collègue qui vient de perdre sa femme, décédée après son accouchement il  a quinze jours. Elle laisse derrière elle, trois petits enfants de 4 ans et demi, 1 an et demi et 2 semaines. C’est bien triste. Ce midi ils viennent déjeuner à la maison, c’est Jean-Pierre qui est aux fourneaux car moi je suis occupée avec petit Ewan.

Après leur départ dans l’après midi, je me remets au shibori, je n’en vois pas la fin, c’est très long à faire.

Dimanche, c’est repos mais pas pour tout le monde, le jardinier débarque avec ses deux acolytes, il explique son absence de la semaine dernière par la mort de son père enterrer à Bamako, il vient  pour tailler la haie de la montée d’escalier, et biner le carré de haricots verts. Je leur demande aussi de dégager la fenêtre de la cuisine qui est envahi par le bougainvilliers.

L’après midi, sous climatisation, d’un coté, Jean-Pierre et Andrée qui jouent sur BBO et moi dans la chambre aussi sous clim’ à faire mon filage. Il ne sera pas terminer ce soir.

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Ce weekend, on tue le cochon chez Benjamin et Géraldine

Posted on février 3rd, 2010

Un ami Nicolas, a proposé à Benjamin et Géraldine de tuer un cochon ce weekend. Il espérait un beau gros cochon de plus de 100kg, il ne faisait que  65 kg. Dès le vendredi soir le cochon est devenu un porc, et le temps de récupérer le sang pour le boudin, de nettoyer les boyaux il était minuit, mais le gros travail c’était pour le lendemain.

Le samedi matin, Géraldine vient pour prendre le matériel nécessaire à la fabrication de la cochonnaille. Elle repart avec Jean-Pierre qui souhaiterait bien voir comment on débite la bête. Pendant ce temps petit Ewan joue sur son tapis pendant que sa maman s’occupe de la bête.

Vers 11h30, le pain est cuit, le pâté est dans la glacière avec la bière et le champagne, il ne faut pas oublier les verres non plus. Cette fois c’est Benjamin qui vient nous chercher (Andrée et Isa).

C’est le plein boum, ils sont en pleine fabrication de boudin, ça sent très bon et Ewan regarde tout ça avec des yeux gourmands. Posée par terre la tête du cochon.

Nous regardons les hommes faire le boudin, on en mangera dès ce midi. Ewan est très intrigué par l’embossage du boudin, il aimerait bien touché, s’il pouvait. Il faut dire que de bonnes odeurs s’échappent de partout dans la maison.

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