Que mange-t-on au Mali ?

Posted on novembre 22nd, 2009

Quand nous sommes arrivés en septembre 2007, nous avons été logés pendant un peu plus d’un mois à l’hotel Mandé. On y sert de la nourriture occidentale, le soir nous dinions chez Oumar, et c’était Hervé le cuisinier Camerounais qui cuisinait « occidental ».

Arrivé à Koutiala, ville cotonnière et habitué aux toubabs (blancs). Il existe bien une communauté américaine protestante, mais celle-ci vit en autarcie et produit elle-même ses propres légumes.

Pendant le mois de novembre nous avons donc continué à manger à l’ »occidentale », ne sachant pas que toutes nos conserves arrivées par container étaient utilisées. Hervé que nous avions emmené avec nous, nous a nourri avec nos conserves. Au mois de décembre, il part sans prévenir en donnant la clé  de la cuisine à Youssouf.

Deuxième tentative, nous prenons un ami de Rémi le jardinier, Isaye, qui s’il fait bien la cuisine a deux gros défauts : la saleté et un deuxième boulot. Pendant les cinq mois passés chez nous, il aura 3 décès, c’est lui qui conduit le corbillard et donc décide de ne pas venir. Pour les fêtes de la Tabaski, il se prend 4 jours, alors qu’il est protestant, donc ne fête pas cette occasion. Mais il est aussi photographe pour les fêtes. Au final, il sera renvoyé pour avoir laisser le congélateur ouvert pendant 24 heures, en plein mois d’avril sous des chaleurs à 38/42° et surtout avoir recongelé le tout. De quoi nous tuer. Il est donc parti en nous chipant notre hachoir à main, peut-être voulait il devenir boucher ?

Pour notre troisième tentative, nous prenons un togolais, très gentil et qui a eu bien des malheurs. Mais il a un handicap certain, il ne sait pas faire la cuisine, il utilise uniquement le micro onde, et emballe tout avec du film. Nous lui proposons de rester à notre service mais plus de cuisine et salaire réduit. Refus. Donc à partir du 1er juin 2008 nous faisons nous même la cuisine.

Nous demandons à Félicité notre bonne de faire les courses, et nous allons découvrir que le marché n’est pas si cher que ça, il suffit d’acheter des légumes qui poussent ici. Seul petit inconvénient, c’est que l’on trouve que les légumes qu’ils consomment, ici : pas de poireaux, pas de navets, pas de radis pas de melons, mais de la patate douce, des pommes de terre, des tomates, des choux  et des bananes toute l’année.

entrees

Et suivant les saisons de l’avocat, de l’ananas, de la goyave de la mangue, des haricots verts, des épinards, du potiron, et des carottes,  et oui les carottes c’est que de janvier à juin, cette année nous avons gouté le melon malien, c’est un petit melon d’eau. De l’aubergine, nous avons essayé leur courgettes, mais la peau est dure comme une courge (c’en est une) et les pépins vraiment trop gros.

epinard

L’œuf se vend à l’unité, tout comme le yaourt. Si, si ils font du yaourt, mais pas vraiment réussi. Je fais donc le yaourt moi-même, le seul hic, si l’on peut dire, c’est que le lait de zébu, c’est la vache d’ici, est un peu fort, donc un peu aigre, mais additionné de sucre et d’extrait de vanille, il est excellent. Ce qui m’amène à dire que nous avons du lait de la ferme que Youssouf notre boy va chercher à la demande.

lait1

La bouteille de ballantines sert de pot à lait, en effet elle est en plastique d’une part et fait un litre d’autre part. Auparavant, le lait était dans des sacs plastique et il était très difficile de contrôler la contenance. Quand on demandait 2 litres de lait il arrivait que nous ayons qu’un litre un quart. Le lait est crèmeux comme on peut le remarquer.

creme

Avant de partir j’avais investi dans une machine à pain, je ne regrette rien, car ils font du pain à Koutiala. Mais si à Bamako, le pain est bon, ici ce n’est pas le cas. Le pain n’est pas mauvais, on en mange quelque fois, mais franchement nous préférons faire le notre. Car je tamise la farine et heureusement car au fond il reste du son (ça c’est pas mauvais) mais aussi quelques charançons et des petits vers roses. Donc le pain c’est nous qui le faisons en rajoutant soit des graines soit des raisins secs mais pas de vers .

farine2

Nous mangeons aussi de la viande, du bœuf (c’est du zébu) et il est excellent, mais comme ici la viande est hallal, elle n’est pas rouge comme en France. Nous avons aussi notre vendeur de porcs. Il alimente la communauté américaine, les catho et nous. Pour le porc, nous sommes devenu des experts en charcuterie, nous faisons : le pâté, les rillettes, le jambon cru, le jambon cuit, le lard salé et depuis peu le saucisson. Jean-Pierre débite et Isabelle cuisine.

Ils ont aussi de la viande de mouton, mais nous en mangeons peu. Ce qui nous manque le plus c’est le poisson, mais le fleuve est trop loin de Koutiala et quand le poisson arrive, c’est rare qu’il est l’œil vif, on n’a jamais vu. Nous nous rabattons sur nos conserves.

Notre alimentation typique est : le choux cru avec tomates crues, quand c’est la saison carottes râpées. Je fais des purées, de la ratatouille, des soupes, quand Maria la bonne rentre du marché, elle épluche les légumes et Isa les fait cuire tout  de suite, car ici avec la chaleur tout se « gate ».

J’ai mis des recettes sur le site http://www.fontenille-weill.fr

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Varions nos repas

Posted on octobre 24th, 2009

Chaque jour, il faut inventer le repas. Jusqu’ici rien que de très normal ! Mais pour varier il faudrait des produits variés… et c’est là que le bat blesse.
Chance, aujourd’hui Maria a trouvé des épinards. D’abord la pluche. Comme à son habitude Maria s’assied sur un tabouret bas, TRÈS bas. Bien assise entre un meuble congélateur utilisé comme armoire et l’évier, elle fait passer les feuilles de l’égouttoir dans le bac en plastique après épluchage.

Pendant ce temps, Isabelle prépare la sauce tomate pour les spaghettis de ce soir.

Aussi étrange que cela puisse paraitre, les spaghettis bolognaise (mais sans viande) sont un plat typiquement malien que l’on trouve de Tombouctou à Sikasso en passant par Kayes. C’est un must en pays dogon. Nous y ajouterons, bien sur, un peu de jambon blanc très rose. Peut être aussi un peu de lonzo. Il faut avouer que la dernière campagne de JP n’a pas été du niveau habituelle. Cela est du au cubi de vin du Lubéron laissé douze mois à Paris. Il a mal supporté d’être abandonné Rue Piat… Comme quoi le vin est une petite chose fragile.

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Les grandes eaux… de Koutiala

Posted on octobre 12th, 2009

Lundi 6 octobre 2009, déjà ! Que le temps passe vite et pourtant ce n’est pas le travail qui nous étouffe. C’est plutôt la chaleur et l’humidité, car la température ne chute pas ici, nous sommes toujours entre 28 et 32°, quant à l’humidité elle est là, et pourtant hivernage devrait être terminé.

Depuis deux, trois jours Isa se bat avec la nouvelle version de guppY, en voulant installer la version non cumulative, elle a du faire une fausse manip, enfin le résultat c’est qu’elle n’a plus d’accès à l’administrateur du site et donc ne peut pas envoyer la lettre. Heureusement GuppY a un forum où on peut demander de l’aide. Mais ça ne marche pas à tout les coups. Jean-Pierre vient à la rescousse et installe la version intégrale, Isa peut enfin expédier la lettre, mais il va falloir refaire la skin (la peau) du site, elle reprend l’ancienne et décide de faire peau neuve. Donc pour ceux qui passent quelquefois par le site, vous verrez qu’il a une autre tête.

Mardi matin, il est 8 heures quand on sonne à la porte, flute décidément, on ne peut pas prendre son ptit déj tranquille. C’est notre marchand de cochon qui vient nous vendre un avant, il ne reste plus que ça, sommes nous intéressés ? Oui, car ce weekend nous avons de la visite, et ça nous permettra d’avoir de la viande fraiche. Sur les coups de 9h30, c’est Youssouf qui vient avec sa future femme (le mariage est prévu en aout l’année prochaine), Jean-Pierre fait quelques photos, puis va s’occuper de la découpe du cochon.

Dans l’après midi, Isa veut appeler Piero pour avoir des nouvelles, elle prend son téléphone et… l’écran est striés de de lignes blanches. Il est très difficile de lire quand à savoir si l’appareil est chargé, ce n’est plus qu’un doux rêve car un bon tiers est illisible. Ce n’est pas Jean-Pierre qui l’a fait tomber, donc c’est Maria. Demain elle aura droit à son savon, surtout que ce matin en faisant la chambre elle a déchiré un drap housse neuf en tirant comme une brute pour faire passer le coin (elle n’avait pas pensé lever le matelas.

Mercredi, je prends Maria a part et lui demande si elle a fait tomber le téléphone, la réponse est oui mais qu’elle a pas fait exprès, décidément on n’a pas de bol, elle ne fait jamais exprès, Isa commence a en avoir marre, elle déchire, casse, abime tout ce qu’elle touche, enfin après lui avoir fait une explication de gravure sur tout ce qui clochait dans cette maison, Maria a demandé pardon pour le téléphone et la journée à repris son cours. Dans le bureau de Jean-Pierre, Isa découvre une de s statues avec de la poudre de bois, flute les termites sont là, heureusement, lors d’un voyage en France nous avions acheté du xylophène, spécial termites, nous appelons Youssouf et avec un pinceau il a entrepris de traiter le bois, Isa en a profité pour qu’il traite aussi une autre statue qui perdait de la poussière. Espérons que le traitement sera efficace.

Dans la soirée nous somme allés chez les Pallière, le petit Ewan a bien grandi depuis le mois de juin, Isabelle ne l’avait pas revu depuis, Jean-Pierre l’avait vu début septembre mais Ewan devait doubler ses gencives et pleurait toues les larmes de son corps. Enfin comme vous pouvez le constatez ci dessus, le petit bonhomme va bien. Et ses parents n’ont pas l’air d’aller mal non plus, ils sont même plutôt radieux. Nous avons passé une excellente soirée.

Ewan
Ewan

Jeudi arrive, ce matin, Isabelle n’arrive pas à sortir du lit, et pourtant, c’est un lit chinois dont les ressorts sont à fleur de coutil, nous avons mis un molleton et un drap housse supplémentaire mais rien n’y fait, nous les sentons bien. Donc elle émerge vers 8h30, Jean Pierre a pris son ptit déj depuis longtemps

Aujourd’hui c’est le grand nettoyage de la galerie, les pluies étant moins violentes, on va pouvoir sortir les objets entassés au fond de la galerie et faire le grand ménage. On en profite aussi pour jeter ce qui a été grignoté par des souris ou autres rongeurs. Ça fait de la place.

Vendredi, Isa se traine, mais cela ne l’empêche pas de chercher des recettes pour ce weekend, et de faire du pain. Quant à Jean-Pierre, il est toujours très occupé sur son ordinateur, entre deux tournois de bridge.

Samedi, ce matin réveil en fanfare, il est 8h55 et nous sommes encore dans les bras de Morphée, c’est très rare mais ça peut arriver. Donc coups de sonnette à la porte, Jean-Pierre saute dans son short et met sa chemise, c’est Diembélé (chef des gardiens) qui vient proposer un poulet  ENORME de DEUX kilos, JP ne sachant pas qu’Isa est intéressé, refuse, tant pis. Pendant qu’Isa prépare le petit déjeuner (c’est très rare) Jean-Pierre est aux prises avec les gardiens qui ont faim et réclament une avance. Justement JP doit aller à la banque car l’argent pour les gardiens de l’usine est arrivé de Bamako.

Dans la matinée, c’est l’effervescence, entre le vendeur de porc qui amène les boyaux pour faire de la saucisse. Les courses « spéciales » pour Youssouf, il va chercher la bière, le pastis et l’ananas, mais là c’est le dernier de Koutiala, c’est presque un bébé ananas. Pendant ce temps Isa est en cuisine, pour préparer un cake aux tomates séchées et fromage fait maison, et une tarte sablée à la noix de coco.

En fin d’après midi, Jean-Pierre et Isa préparent le jambon qui sera cuit demain à l’étuvée et hachent la viande de porc qui sera un futur saucisson. Tout est terminer, Isa faire chauffer de l’eau pour les pâtes, et Jean-Pierre rince à grande eau dans le lavoir quand… Le robinet saute littéralement  et voilà que nous avons une fontaine. JP appelle Dra, c’est l’heure de la prière, il viendra voir après. En attendant il indique à JP où se trouve le robinet d’arrêt d’eau pour couper ce torrent. Dra vient et constate que le robinet s’est rompu et que demain il va falloir casser un peu le mur pour refaire un bout de canalisation.

Ce dimanche matin, c’est l’effervescence, le lait arrive de bonne heure, ce qui donne une bonne raison à Isa de se lever. Jean-Pierre met le lait à bouillir et s’en va car Dra arrive pour réparer le robinet du lavoir. Pendant ce temps Isa s’active, d’abord la préparation de la brioche pour lundi matin, ensuite la préparation du repas de midi afin d’être libre quand nous aurons nos amis. Donc ouvertures des confits faits maison, flute yen a un qui n’a pas bien vieilli, et hop ! Sur le pourrissoir car nous ne voulons pas que le personnel le mange, c’est pas la peine de risquer une intoxication alimentaire. Pendant qu’Isa épluche les pommes de terre, Jean-Pierre les coupe, puis pré-cuisson à la graisse de canard. Nous avons un robinet de lavoir tout neuf (ce n’est que le 3ème en deux ans) on va refaire la leçon aux personnels : on n’a pas besoin de fermer fort le robinet ! Mais vont-ils le comprendre longtemps.

Dominique arrive vers 11 h00, il est accompagné d’Adama de l’AGETIP et de leur chauffeur, nous bavardons ensemble avant qu’Adama et le chauffeur ne repartent dans leur famille, ils viendront demain chercher Dominique vers 8h30.

Géraldine, Benjamin et petit Ewan arrivent un peu plus tard, nous prenons l’apéritif dehors sous l’arbre, avant d’aller déjeuner à l’intérieur sous la climatisation car la chaleur et l’humidité sont là.

Vers 16 heures nous avons faire un tour « en ville » montrer les splendeurs de Koutiala à notre hôte, bien sur ici pas de tourisme donc pas de boutique, on ne vend que ce qui est nécessaire de l’alimentation et des produits usuels. Nous allons jusqu’à l’église sur la route de San puis visite du quartier administratif avec le centre de santé, une grande tente de médecins sans frontière est installée, ils ont aussi construit de nouveaux bâtiments, ce qui n’est pas un luxe. Petit tour de ville en passant par le marché, et arrêt à la poule verte, pour nous rafraichir d’une bière ou d’un coca.

Retour la maison, un petit tour sur internet pour Dominique, diner et dodo.

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