La chaleur est de retour

Posted on mars 1st, 2010

Lundi 22 février, c’est la sainte Isabelle, donc ma fête. Ce soir on va faire péter le bouchon. En attendant nous continuons à avoir des problèmes de robinets. Samedi, c’était celui de la cuisine qui donnait des faiblesses depuis quelques jours et dimanche c’est celui du lavoir, mais là on sait que ce sont les nouveaux gardiens, ah oui ! c’est vrai, on ne l’avait pas dit, nous avons échangé nos trois vieux gardiens par deux jeunes. Mais ils ne connaissent pas le maniement du robinet (ici on prend l’eau au puits). Enfin Abdramane nous a déjà fait la réparation de la cuisine avec un robinet « chinoiserie » c’est à dire qu’il va pas tenir longtemps, déjà il goutte. Il fera la réparation du lavoir cet après midi car ce matin il suit des cours.

Quant à moi et bien je continue mon travail dans la cour des teinturières, ce matin, teinture et dénouage des fils pour voir apparaître les dessins, je suis un peu déçue car le bleu que j’avais mis a pratiquement disparu, le bain de teinture a été trop long, et là je peux dire que ce n’est pas moi, car cette teinture reste longtemps sur les doigts et madame Mariko n’a pas voulu que je la fasse..

JP a préparé le repas. Après le déjeuner, je fais le pain, et pendant que je range les ingrédients, je m’aperçois que j’ai oublié la levure. Je malaxe avec une maryse et je coupe l’alimentation pour arrêter la programmation qui est en route. Un quart d’heure plus tard, c’est bon, nous aurons du pain frais ce soir.

Dans la cour, cet après midi, j’ai décousu à la lame de rasoir tous les petits nœuds qui cachait la couleur bleu ciel et le rouge que j’avais appliqué avant le jaune ; pour faire du orange. Ça fait très joli, mais il va falloir le laver demain matin avant de le ramener à la maison et le donner à Andrée. J’ai récupéré le tissu de ce matin, il a été tapé et je dois dire qu’il a meilleur allure, couleur bronze et luisant, si Andrée n’aime pas, je le prends pour moi.

Mardi, j’ai apporté le boubou de Jean-Pierre qui est blanc pour ceux qui le connaissent. Mais avec l’humidité et une petite inondation de l’armoire (je ne savais pas), il avait triste mine, donc il va passer à la teinture bleu roy qui est un mélange de bleu et de violet pour soutenir le bleu, le bain de teinture ayant servi au boubou est versé dans le chemin dehors, bonjour la soude caustique et l’hydrosulfite, vive la santé publique.

Je commence aussi une nouvelle technique, celle du balayage (voir mon site http://bazin.fontenille.net) je passe une première couche de teinture jaune, l’après midi, après avoir de nouveau « balayé » j’applique du fushia. la dernière couche sera faite demain et elle sera bleu.

Mercredi, en arrivant dans la cour, j’entreprends madame Mariko sur le fait qu’elle fait déverser des produit toxiques dans la rue (qui est en terre) et que les animaux (volailles, cochons, chèvres et même les chiens viennent s’abreuver dans les marigots. Elle m’explique qu’elle a déjà proposé à la mairie de faire creuser un trou pour y mettre un tuyau qui irait jusqu’à une espèce de canal aussi pollué mais par SNF qui est un producteur de pétrole et qui déverse allégrement tous les déchets toxiques dans le canal.

Je finis mon travail sur la bougie et j’entreprends une autre technique du balayage, on verra bien le résultat. Pour le moment Andrée à l’air d’apprécier le travail que je lui fait. En fin de matinée Ousmane, vendeur de bazin vient se présenter. Ce n’est pas ce marchand que j’ai vu par deux fois au marché. S’en est un autre dont les prix sont moins élevés pour un bazin identique. Je fais mon choix et appelle Jean-Pierre pour savoir s’il est d’accord pour que j’en achète, la réponse est oui, cet après midi, il faudra envoyer Youssouf à la banque.

Second passage de balai sur le bazin pour y appliquer du bordeaux, après je voudrais y mettre du vert mais madame Mariko me dit qu’elle voudrait faire faire un faufilage dessus, je ne comprends pas bien ce qu’elle veut je verrais ça demain avec elle. Le marchand de bazin passe, je le paie, il est tellement surpris qu’il va illico le dire à la patronne.

Demain, madame Mariko va voir une vieille tante malade en brousse, elle ne sera de retour que vers 10 heures, du coup je lui dis que je vais faire un pliage à la maison, comme ça je pourrai faire de l’étau en l’attendant.

Ce matin, jeudi, quand j’arrive à l’atelier, madame Mariko est là, mais elle va partir en brousse d’ici un instant (unité de mesure très élastique) heureusement que j’ai préparé hier soir un petit travail à faire, je vais pouvoir m’occuper. On commence à faire chauffer l’eau pour le travail à l’étau, je vais appliquer du vert d’eau qui me servira plus tard pour faire du vert foncé. En attendant je demande si on peut faire chauffer la bougie, ben non on ne peut pas. Pourquoi ? Parce que le « fourneau y est gâté » traduction le réchaud à bois n’a plus de plaque pour poser le charbon de bois. J’appelle Jean-Pierre et lui demande de faire venir le notre par Youssouf. On va gagner du temps dans nos tâches. Comme madame Mariko est partie, les filles viennent prendre leur petit déjeuner près de moi et me demande de partager leur repas : gâteau de haricots blancs et couscous de mil. J’explique que j’ai déjà pris mon petit déjeuner ce matin. Je leur prépare pour demain une brioche, j’espère qu’elles aimeront.

L’après midi, j’arrive, madame Mariko se repose, je décide de faire de la teinture à l’étau, je regrette de ne pas avoir préparé le tissu avant. Je fais mon travail tranquillement quand Youssouf arrive, il est déjà l’heure et je viens de faire ma cuve mère bleue, pas possible de partir sans avoir terminé le boulot. Je m’y mets donc, je commence à sentir la fatigue, enfin j’ai terminé, je vais pour retirer le bazin quand celui-ci m’échappe et le coté orange plonge dans la teinture bleue, immédiatement je reprends l’étau et le rince dans de l’eau propre, et je recommence l’orange, résultat des courses : 3/4 d’ heure de rab.

Ce matin Maria arrive à 8 heures moins 10, elle a dû tomber du lit ou elle veut assister à la fête de cet après midi à Koutiala, elle commence par retourner le robinet tout neuf installé par Dra Samedi dernier, il faut dire que c’est de la chinoiserie et que ça ne tient jamais. Jean-Pierre appelle Dra à la rescousse. On prend notre douche rapidement avant de couper l’eau.

Aujourd’hui, Jean-Pierre m’accompagne chez madame Mariko pour discuter avec elle en lui proposant de la payer toutes les semaines au lieu de la payer au mois. Elle comprend très vite que 12500 F lui passe sous le nez, car ayant commencé le 8 février, elle gagnait une semaine, enfin elle est d’accord et c’est le principal. Moi j’ai apporté la brioche avec de la confiture de mangue, tout le monde a bien apprécié.

Jean-Pierre est reparti avec Youssouf au marché pour m’acheter de nouvelles tongs, celles que j’ai, sont d’une part usées et d’autre part je glisse dedans. Il a fait une bonne action en payant une paire de tongs à un vieux (il avait une barbiche blanche) qui marchait pieds nus.Vers midi, il est passé me prendre à la cour de teinturerie, j’étais bien contente, il revenait de la pharmacie.

Maria vient avec Youssouf pour m’expliquer qu’à partir de samedi, elle devra partir à 14 heures car elle va prendre des cours de français au centre de formation Espoir, et comme les cours sont de 15 à 17 heures, elle arrivera plus tôt le matin, mais partira aussi plus tôt l’après midi. Pour nous c’est d’accord. D’ailleurs il est temps qu’elle apprenne le français car depuis maintenant presque un an et demi, on essaye de se comprendre tant bien que mal.

Vers 16 heures nous sommes repartis à la teinturerie car j’avais à rincer le dernier bazin et il fallait l’étendre au soleil, dix minutes plus tard, il était sec. Youssouf et son frère nous ont accompagné à l’aller et au retour. Jean-Pierre en a profité pour prendre quelques photos de la cour où je travaille ainsi que les alentours.

Samedi Maria arrive à 8 heures, elle commence cet après midi les cours de français. Nous attendons madame Mariko pour 9 heures, elle rapplique à 10 heures, je lui présente Maria, et nous apprenons que les cours ne débutent pas aujourd’hui comme prévu mais plus tard, car la liste des élèves est partie à Bamako pour être signé par les autorités. Les cours ne commenceront qu’après réception de la dite liste. En attendant nous prenons un thé lipton sous l’arbre en discutant de choses et d’autres. Sa fille Ama, fait le tour du propriétaire.

Elle regarde le site que j’ai fait sur la teinture sur bazin et souhaiterait bien le mettre sur une clé USB, je lui explique que non ce n’est pas possible mais le site est ouvert à tout le monde sur internet.

Et nous voici déjà dimanche, demain je change de dizaine et je sens tout le poids du monde sur mes frêles épaules, enfin en attendant, j’entreprends de faire un pain d’épices pour déguster avec le foie gras de demain soir. Je suis toujours affolée quand j’ouvre les placards, car Maria n’est pas ce que l’on peut appeler « ordonnée », voyez plutôt :

Et ne croyez pas que c’est exceptionnel, pour trouver un ustensile, il faut quelquefois chercher dans trois placards tout aussi bien « rangé ». Et c’est vrai que quelque fois je pique ma crise, mais Jean-Pierre l’aime bien même s’il reconnait son gros défaut.

Une nouvelle année que déroule le temps, et comme le dit si bien ma sœur Agnès « tu es en haut de la montagne, restes-y un moment avant de redescendre, on n’est pressé pas de voir de l’autre côté de la montagne et quand on redescend c’est prudemment à petits pas. »

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Il fait froid au Mali

Posted on décembre 20th, 2009

Le 18 décembre Youssouf, notre boy, me téléphone : un gardien, Yalcoue, veut de l’argent ; une avance. Pourquoi ? Youssouf ne sait pas. Il se renseigne et me rapelle. Le 20 16h coup de fil. Il a la réponse : Yalcoue a besoin d’un pull-over car il fait froid !! 36° dans la journée et 18 la nuit….
J’avais laissé de quoi donner une avance. Tout a t’il été donné ? Oui m’annonce Youssouf. Je ne craque pas et renvoie l’acquisition du pull après la paye de décembre en fin de mois !

Je sais être dur avec le personnel !

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Il fait froid au Mali

Posted on décembre 20th, 2009

Le 18 décembre Youssouf, notre boy, me téléphone : un gardien, Yalcoue, veut de l’argent ; une avance. Pourquoi ? Youssouf ne sait pas. Il se renseigne et me rapelle. Le 20 16h coup de fil. Il a la réponse : Yalcoue a besoin d’un pull-over car il fait froid !! 36° dans la journée et 18 la nuit….
J’avais laissé de quoi donner une avance. Tout a t’il été donné ? Oui m’annonce Youssouf. Je ne craque pas et renvoie l’acquisition du pull après la paye de décembre en fin de mois !

Je sais être dur avec le personnel !

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Les gardiens aiment le mouton

Posted on novembre 8th, 2009

Samedi 31 octobre, fin du mois, jour de la paye !

J’ai convoqué les gardiens tous ensembles. Leurs en cours d’avance est à peu près à zéro. Mais ils ne vont pas toucher beaucoup ! au moins cette fois et ils attendront sans doute une semaine avant leur première avance. Les voici qui arrivent et ils m’écoutent. A la fin de mes propos Yalcoue qui parle couramment un français approximatif me tend une lettre en me rappelant ou m’annonçant si je l’ignorais que l’Aïd c’est dans un mois. Aussi ils souhaiteraient que je paye un mouton ! Je jette un oeil sur la lettre ci-après et je vais pour répondre.

lettre_g

Je commence à leur expliquer qu’un mouton c’est plus d’un mois de salaire ! Il ne pouvait être question de leur offrir à chacun ce cadeau ! Même pour l’Aïd et ce d’autant que j’ai acheté un bœuf dont ils bénéficieront avec les autres. Grands sourires ; à l’évidence ils n’étaient pas au courant pour le boeuf.

Justement Dra pointe son nez et je lui demande devant eux comment va la bête. Bien ! Je confirme donc devant Dra qu’ils sont prévus dans le partage. Mouvements de contentement chez les gardiens qui me remercient et qui me quittent.

Je reste avec Dra qui m’explique qu’il n’avait pas encore prévenu les gardiens car il voulait leur faire la surprise….  J’y crois bien sur ! Ils ont du l’apprendre et m’ont provoqué sur le sujet. Enfin ils auront de la viande à apporter pour l’Aïd et se comporteront donc en chef de famille.

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