Maria se tient au « courant »

Posted on mai 4th, 2010

11heures. Je vais à la cuisine préparer le repas et tombe sur Youssouf en discussion avec Maria. Un mouvement social, de la drague (Youssouf est célibataire temporaire) ou autre chose ?
Autre chose : l’électricité. Je sais que maria est terrorisée par les prises de courant alors, peut être un cours ? Non, une discussion sur la dépense. Le courant, fourni par EDM, est prohibitif, passé les cent premiers KW qui sont facturés au tarif « social » de 16c d’euro. Et Maria d’expliquer quelle a 2 ampoules et une petite (15cm de diagonale !) télé. Et que c’est cher… Prohibitif… par mois !! 3,5 euros. J’opine et ne dis rien. Le mois dernier j’en ai eu pour 155000 francs soit 230 euros, donc… Et je fais un rapide calcul. Moins de 25 KW par mois soit environ 0,8 par jour soit pour ses deux lampes et sa télé 4 à 5 h d’éclairage…

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Pension alimentaire au Mali

Posted on mars 23rd, 2010

Depuis plusieurs jours Maria faisait la tête. Nous enquêtons, l’interrogeons, questionnons Youssouf… Rien de particulier. Pas de problème. Tout va bien mais trombine quand même. Peut être a t’elle pris conscience de notre départ et de la perte de son travail.

Lundi matin Les yeux au milieu de la figure, échevelée, enfin pas bien ! et elle nous demande l’autorisation de quitter son travail à 10h ! Que ce passe t’il ?

Là elle s’explique. Enfin JP décrypte : Elle va aller amener sa fille à son père pour que celui ci, qui ne fait plus rien pour elle, s’en occupe. Ça risque d’être chaud et violent. En effet, si Maria est gentille et honnête, elle semble savoir ce qu’elle veut et atteindre ses objectifs. Déjà plus d’une fois elle a trainé chez les gendarmes tel ou tel mauvais payeur.

Le mardi matin elle arrive et JP vient au résultat. Finalement monsieur payera une pension mensuelle – combien ? On ne sait pas – et Maria s’occupera de leur fille.

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Maria a une rage de dent

Posted on janvier 29th, 2010

Mercredi matin, Maria arrive dans la cuisine, Isa est déjà en train de faire le pain et de préparer un pâté de campagne. Elle a mal aux dents et prend un médicament qu’elle a acheté ce matin dans la rue. Mais elle voudrait aller au marché pour acheter d’autres médicaments « traditionnels ». Nous n’avons pas de courses à faire mais nous lui donnons l’autorisation d’aller au marché. Jean-Pierre lui donne un paracétamol pour qu’elle ait moins mal.

A son retour, Isa lui explique que les comprimés achetés sur le marché ne sont pas forcément bons, elle lui rétorque :

  • la date est encore bonne ».
  • Oui lui dit Isa, mais les médicaments ça s’achètent dans une pharmacie.
  • Mais pour aller acheter les médicaments à la pharmacie, il faut d’abord passer par le centre de santé de référence, et il y a beaucoup de monde et ça prend beaucoup de temps.
  • Isa lui explique que si elle va dans une pharmacie, il faut qu’elle demande à voir le pharmacien et qu’elle lui explique où elle a mal, il lui donnera un médicament et lui dira comment le prendre.

Jeudi, nous partons voir l’artisan d’objets d’art qui se trouve pas loin de chez nous. Il est hors de prix (enfin il pratique des prix pour les touristes. A notre retour, nous trouvons Maria avachit sur les marches. Ce n’est pas son genre, Isa lui demande si elle est malade, elle redresse la tête et rien que de voir la chique qu’elle a sur la joue nous comprenons qu’elle a mal aux dents.

Elle explique qu’elle est allée à la pharmacie hier vers cinq heures et que la vendeuse lui a donné ce médicament (nifluril 250) sans explication simplement en lui disant que si elle a très mal l, il faut qu’elle en prenne deux d’un coup.

Maria ne prenant jamais de médicament, ou très rarement, en a pris deux par deux, il est 10 heures de matin et elle en a avalé huit. Elle a toujours aussi mal aux dents mais en plus elle a mal a l’estomac. Ça c’est normal avec la quantité qu’elle a pris d’anti-inflammatoire. La première des chose c’est de la faire boire, même si elle a pas soif, sa dernière prise de médicaments date de deux heures, pour l’antidouleur, elle a droit à un paracétamol, pour son mal d’estomac à un oprémazol. Isa demande à Youssouf de la ramener chez elle, il faut qu’elle boive un maximum pour éliminer le médicament qu’elle a pris à haute dose.

En fin d’après midi, Youssouf est allé la voir, elle va mieux. Jean-Pierre donne alors des antibiotiques pour ce soir, demain matin et midi. Nous verrons demain si Maria tient debout.

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L’art de laver chez Maria

Posted on novembre 29th, 2009

Maria est à notre service depuis octobre 2008. Elle a remplacé Félicité qui avait réussi le concours d’institutrice et est partie pour aller faire quatre années d’études à Sikasso, capitale de la région.

Si Félicité employait les produits que nous avions comme le liquide vaisselle, très vite Maria nous a demandé « du savon noir ». Car pour elle : pour laver il faut mettre le savon dans l’eau, le laisser et fondre produire de la mousse. Bien sur sa méthode est moins efficace, mais elle ne comprend pas pourquoi. Le principe du nettoyage est simple frotter et même rayer pour que tout devienne propre. Devrais-je vous avouer que nous avions des poêles, casseroles et cocotte recouvert de téflon, et bien tout cela n’est plus qu’un souvenir… Ça a été raclé consciencieusement.

Le problème c’est l’usure du savon, Maria utilise un savon noir tout les deux jours, car une fois bien fondu dans l’eau, elle l’en sort pour le poser… dans une flaque. et puis le savon noir n’est pas celui que nous connaissions (enfin certains) dans notre enfance, c’est du savon de mauvaise qualité et à base de beurres végétaux.

Coté lessive, elle utilise du savon blanc « de Marseille », il est plus gros, mais le problème est le même, elle le laisse tremper dans l’eau.

Notre machine à laver a rendu l’âme en septembre dernier ; le programmateur. Voici donc Maria chargée de faire tout le linge de la maison. Comme nous avions quelques problèmes avec le linge qui nous revenait bleuté ou noirci parce qu’il restait trop longtemps dans la bassine avant d’être étendu par Youssouf. Nous avons réglé ça en appelant Youssouf pour qu’il soit là AVANT que Maria ne commence à faire le linge.

La méthode de lavage est toute simple : frotter, frotter, frotter mais énergiquement ! Malheureusement tous les tissus ne supportent pas d’être malmenés à ce point.  Pour la lingerie c’est la catastrophe, plus d’élastique, la dentelle déchiquetée, les ourlets broyés. On n’aurait jamais osé les porter en France. D’ailleurs dès le début avec Youssouf, ensuite avec Félicité, et enfin avec Maria, nous avons jeté des sous vêtements immettables. Maintenant nous les gardons et les utilisons.

Et comme nous ne sortons qu’une à deux fois par mois de notre maison, ça ne dérange personne.

Remarque de JP  : ne croyez pas Isa . Nous ne sortons JAMAIS en sous vêtements.

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