Une semaine qui commence bien…

Posted on mai 3rd, 2010

Ce lundi 26 avril, c’est l’anniversaire d’Andrée, elle ne veux pas qu’on lui fête, mais tans pis moi je lui souhaite un « joyeux anniversaire ». Ce soir nous verrons un repas « amélioré » comme on dit dans les cantines en France.

Je pars toute guillerette à la teinturerie, c’est la grande lessive car hier il y a eu de grands vents de poussière et tout est rouge. Comme la maison n’a pas de vitre au fenêtre, toutes les particules de poussières passent. Pas grave moi j’ai du boulot. Je demande où est madame Mariko, elle est partie à Bamako pour un mariage, ah bon ! Je n’en savais rien. Je demande à Malado si elle pourra me donner un coup de main, non elle doit faire les lessive, pas grave, je me débrouillerai toute seule.

Je commence à faire trois ramassage salade avec le tissu de la COMATEX, je retrouve ma soude caustique dans le centre, renversée, bon je vais en faire de la neuve. Je fais donc mes teintures, mais c’est bizarre ça n’a pas l’air de marcher, la teinture ne vire pas quand je mets la soude. Comme je veux que le bleu que je fais soit foncé, je vais chercher ma teinture, le sac contenant les sachets de teinture bleue a disparu, je demande à Malado qui vient chercher avec moi. Rien. Je commence à me poser des questions. Bon puisque je ne peux pas mettre de bleu, je vais mettre du noir, mauvaise pioche, idem le sac à aussi disparu, je fais l’inventaire, il ne manque rien d’autre mais c’est déjà suffisant. Jean-Pierre appelle madame Mariko qui dit que personne n’a touché à mes affaires, mais il faut que je vois avec sa sœur cette après midi.

Quand j’arrive dans la cour l’après midi, Katou dort, j’attends donc qu’elle se réveille, en attentant j’ai toujours du travail à faire. Youssouf est resté avec moi car il trouve que le comportement des filles n’est pas correct. Quand Katou apparait, je lui explique la disparition des teintures et lui dis que demain, soit on a retrouvé mes deux sacs soit on me fournit deux sacs de teintures à l’identique. Elle acquiesce.

Ce soir c’est champagne accompagné de petites verrines, faites par JP, le repas est simple : foie gras et son pain d’épices, parmentier de confit de canard aux patates douces, ananas et son granité et tout ça arrosé de château Margaux 1999. Délicieux de repas, merci Jean-Pierre.

Dans la nuit une forte tempête de poussière arrive suivie d’un orage tropical. Ce matin tout est mouillé, qu’est-ce que ce doit être dans la cour… J’arrive et je trouve madame Mariko avec son fils en train de briquer une imprimante laser, elle est rentrée cette nuit et sous la pluie. Je lui parles du petit problème rencontré hier sur les sacs de teinture. Pas de problème, on les a retrouvé, chouette ! Elle me montre où ils étaient, bon je ne dis rien car avec Malado, la veille, on avait tout vidé et on n’avait rien trouvé. Le tout c’est de les avoir récupéré. Je décide de faire un pliage en biais et là surprise toutes les filles sont là pour m’aider, tans mieux je préfère. Après je demande à Boniface de me faire réparer deux tampons car je voudrais faire du pétrin (cf http://bazin.fontenille.net/petrin.html ) un l’un d’eux que j’ai découvert quand on a tout sorti du centre pour « nettoyer » après l’orage.

Si tout le monde est au ménage, moi je continue à faire ma teinture, pas trop aidée par les filles mais elles sont occupées à d’autres taches. L’après midi je fais un ramassage salade. Boniface me ramène les tampons réparés. Il faut attendre une journée avant de les utiliser à cause de la colle à bois qui doit être totalement sèche.

Mercredi, la cour est propre, l’avantage des intempéries c’est qu’il faut tout balayer, on a laver au jet les mur du centre ‘qui en avait bien besoin), et le rangement est pratiquement terminé. J’espère qu’elles savent où elles ont mis toutes les affaires. Madame Mariko s’active, elle redécouvre des objets qu’elle avait totalement oublié et même des bazins qui ont été préparés par Boniface pour être teints, et qui avaient disparu sous des tonnes de choses en tout genre. Elle pourrait presque faire un vide grenier.

De mon coté je m’active aussi pour faire mes teintures, maintenant quand je peux, je fais les pliages ou le filage à la maison, je gagne du temps, car j’en perds un peu à la teinturerie pour avoir du feu ou de l’eau.

Jeudi, je m’attaque au tissu restant d’Andrée, de mémoire je fais la couleur jaune puis la bleu Provence, j’espère que ça donnera quelqe chose de beau. L’après-midi je suis aidé par Fatim et Ata pour faire du ramassage, un salade et l’autre un kaléni d’en bas. J’appelle Jean-Pierre pour qu’il me fasse parvenir deux coupons de deux mètres car je n’ai que deux coupons de trois mètres. Pour la salade, je prends un de trois mètres que je teins en rose saumon avant mais pour le kaléni deux mètres sont bien suffisant.

Vendredi matin le ciel est noir et il pleut des hallebardes, ce n’est même pas la peine de penser à aller à la teinturerie, la route n’étant pas goudronnée pour s’y rendre, ce doit être une patinoire et piscine. J’en profite pour faufiler un bazin, je me suis lancer dans un dessin en réserve, on verra bien ce que cela donnera. Youssouf me donne un coup de main, il aime bien faire de la couture. Mais il tousse beaucoup.

L’après midi, il me dit que ça vaut pas d’aller chez madame Mariko car ça doit être encore inondé, on ira lundi prochain.

Samedi, C’est grand soleil, Youssouf a arrosé mais je trouve qu’il traine beaucoup, je lui demande s’il est malade, il a mal à la gorge. Nous lui prenons la température : 39°, nous lui donnons antibiotique, antipyrétique et lui disons d’aller au lit. Le soir il débarque pour fermer les volets, nous lui disons qu’on s’en occupe et qu’il retourne au lit. Demain il devait prendre la mobylette d’un des gardiens pour aller voir sa femme en brousse. Je lui déconseille fortement car ce n’est pas la peine qu’il se plante sur une piste.

Dimanche, ce matin la pluie est de nouveau au rendez-vous, mais moins forte que vendredi dernier, elle s’arrête d’ailleurs dans la matinée pour faire place à un temps gris entrecoupé de rayons de soleil. Youssouf vient me voir pour me dire qu’il a un ami qui accepte de l’accompagner en brousse pour aller voir sa femme, il me demande l’autorisation d’y aller. Bien sur qu’il peut s’y rendre, du moment qu’il ne pilote pas la mobylette.

Voilà, demain retour à la teinturerie et pour Jean-Pierre et Andrée, tournois de bridge comme d’habitude. Bonne semaine à tous.

Filed under: Koutiala | Commentaires fermés

Orages tropicaux ou petites pluies ?

Posted on septembre 24th, 2009

Jeudi, direction les banques pour récupérer un peu d’argent et vérifier l’arrivée du transfert de France. A la BOA, la caissière m’accueille avec son grand sourire et nous badinons pendant qu’elle vérifie que le compte est approvisionné. Ensuite la BNDA. C’est à cette banque que nous avons notre compte personnel. Lundi nous avons réussi a avoir internet et à faire transférer de l’argent. Est-il bien arrivé ? Nous allons voir. La BNDA a deux guichets : « dépôts » et « retraits ». Des tickets d’ordre de passage sont attribués et bien différenciés. Nous prenons donc un ticket de chaque et allons voir dans les bureaux. Un gardien nous bloque et nous expliquons que nous voulons nous entretenir avec le directeur adjoint. Il faut faire la queue mais sans ticket… Nous déclarons donc aller voir le directeur. Là pas de problème, il suffit de s’adresser au secrétariat. D’habitude c’est une charmante dame d’un certain âge (mais quel âge ici dès trente ans, les hommes en paraissent 50 et à 50 on en parait 70 si l’on n’est pas mort ; pour les femmes c’est aux rondeurs que l’on devine l’âge…). Ce ne sont pas les rondeurs de la secrétaire habituelle mais un homme qui assure le secrétariat. Il discute avec des amis, connaissances ou des gens « de la famille ». Nous le saluons et quelques salamalecs plus tard et après l’exposé des raisons de notre venue, il nous emmène chez l’homme qui sait. Ce dernier dispose d’un bureau et d’un ordinateur QU’IL SAIT FAIRE FONCTIONNER !!! Isa lui remet la feuille du transfert du CIC et il nous indique que le versement est bien arrivé et nous fournit le nouveau solde du compte. Nous en profitons pour deviser de tout et de rien : de la famille bien sur mais aussi du temps. Nous soulignons que des orages se produisent encore alors que nous approchons de fin septembre. Il souligne l’effet des changements climatiques globaux et , s’agissant de l’orage terrible de la veille « Certes il pleut mais ce ne sont plus que des petites pluies… ». Effectivement à bien y penser les orages durent moins longtemps mais ce sont toujours des orages tropicaux, des chasses d’eau à l’échelle du continent.

Filed under: Koutiala | Commentaires fermés