Le temps est chaud à la teinturerie

Posted on avril 26th, 2010

Ce lundi 19 avril en arrivant dans la cour, c’est le désert, en effet, les apprenties sont en brousse pour le mariage « catholique » de Boniface, les festivités ont commencé hier après midi et se termineront aujourd’hui. La nuit a du être chaude, elles ont danser jusqu’à l’aube. Madame Mariko est là, elle est rentrée hier soir pour dormir et me dire que je serai seule toute la matinée et qu’elle sera de retour vers midi.

Jean-Pierre arrive avec Youssouf à midi, madame Mariko n’esst pas là, on attend, son fils Samba arrive, seul, il nous dit que sa mère ne rentrera qu’au petit soir.

Je reviens vers 15 heures, et commence à travailler aider par Katou. Madame Mariko arrive sur le coup de 16h30, elle papote avec ses copines venues aux nouvelles, si je ne comprends pas le bambara, je comprend qu’elle parle de Boniface toutes les 5 mn, moi je continue mon travail, elle se retourne vers moi et me dit  » au fait Élisa je n’ai pas eu ta cotisation », elle me doit 184 350 F, ma cotisation étant de 12 500 F, je l’avais déduis automatiquement de la somme qu’elle nous doit. Je lui dis qu’elle verra avec Jean-Pierre car elle devait nous verser une partie de la somme ce lundi. Elle m’aide à découdre le filage d’un bazin que j’ai fait, j’y ai mis dix heures à faire les points. JP n’est pas venu me chercher, je lui dis que demain il viendra pour régler le problème.

Mardi matin, j’arrive dans la cour tous les bancs sont occupés par des corps qui dorment, les filles ont fait la fête pendant deux jours et aujourd’hui la récupération est difficile. J’avance dans mon ouvrage, seule car tout le reste de la troupe est in opérationnelle. Jean-Pierre vient me chercher pour faire les compte avec madame Mariko, elle pensait donner 50 000 F hier, mais elle n’était pas très disponible nous dit-elle. Nous lui expliquons que la cotisation de 12 500 F vient en déduction de la somme qu’elle nous doit, donc elle nous remet 37 500 F. On refait les comptes et on signe ce qui vient d’être remboursé.

L’après midi, alors que je cherche dans ma caisse en plastique rouge, le fond est plein d’eau, flute je vais pour la renverser quand je sens une douleur insupportable aux mains et aux avant-bras, c’est de la soude caustique, je me suis brulée, je hurle et fonce vers la première bassine d’eau en vue. Madame Mariko m’entend et me demande ce qui se passe, je lui explique que j’ai trouvé de l’eau dans ma caisse et que je me suis brulée, elle commence à crier que personne n’a touché à mes affaires, je lui réponds que je n’ai jamais pensé qu’on avait mis de l’eau dans la caisse mais que la soude caustique a fondu et que je me suis brulée. Elle ne m’écoute pas. Comme je souffre je demande à JP de venir me chercher et s’essayer d’expliquer à madame Mariko ce qui c’est passé, peine perdue, elle n’écoute pas.

Lendemain matin, mercredi, je viens à la teinturerie avec Youssouf et je montre mes mains à madame Mariko qui constate que oui en effet, je me suis brulée, son fils Samba qui est étudiant en médecine, confirme. Bon on tourne la page, et le travail continue.

Je sens quand même une très légère amélioration dans le comportement des filles, enfin disons que madame Mariko, leur donne des ordres qu’elles exécutent. Elles sont très prises car demain c’est jour de marché et madame Mariko aimerait bien vendre des coupons de bazin pour que l’argent rentre un peu dans la maison. Il faut dire que le mariage de Boniface lui a couté cher, mais ce n’est pas mon problème, elle me parle des factures qu’elle doit payer si elle ne veut pas qu’on lui coupe l’électricité, il faut dire qu’ici ils ne font pas de cadeau, si t’as pas payé le 15 du mois et que t’es un habitué à payer en retard, pas de quartier on coupe. Et pour récupérer le courant il faut payer 10 000 F.

Jeudi matin, on s’active pour les « uniformes » du top de demain soir, je pense qu’elle va en vendre directement sur place. En fin de matinée Andrée m’entreprend pour savoir si je peux lui faire des rideaux, bien sur, mais d’une largeur de 160 cm, ça faut que je vois avec madame Mariko, car moi mes plus beaux bazins ont une largeur de 140 cm, je lui demanderai cette après midi.

J’arrive donc sur les coups de 15 heures, madame Mariko est débout, je lui demande si elle pourrait me vendre 7 mètres de bazin en largeur 160 cm, il coute très cher mais c’est une excellente qualité. Oui elle a, mais c’est 8 mètres et ça l’ennuie de garder un mètre comme ça. J’appelle Andrée qui est d’accord, bien qu’un peu contrainte. Je décide donc de commencer mon pliage pour la première teinture. Madame  Mariko disparait car elle doit rencontrer les artistes qui viennent au TOP.

Vendredi, je me sens un peu seule, il n’y a personne dans la cour, tout le monde est à la préparation de la soirée qui doit commencer à 16 heures, ne reste que Fatim qui prépare le repas du midi, en fin de matinée la femme de Magassa vient pour faire faire un coupon, sa bonne lui propose du violet moi du fuschia, c’est le fuschia qui l’emporte.

L’après midi, Boniface fait de la « peinture moderne » pendant que les filles le regardent ou dorment par terre. Moi je refait le travail de ce matin car avec le vent le tissu s’est envolé, pas grave faire et refaire c’est toujours travailler. je fais les teintures et termine par l’amidon. J’en ai profité pour teindre deux tissus de la COMATEX pour voir si l’effet est le même que sur le bazin. On verra lundi. En attendant tout le monde se prépare pour le top qui devait commencer à 16 heures, mais à 17 heures quand je m’en vais, tout le monde est encore là, or c’est madame Mariko qui ouvre les festivités.

Samedi, je fais la grasse matinée, debout à 7h20, ça change un peu, je suis crevée, sans raison mais en faut-il une ? Donc cette journée c’est ne rien faire ou presque. Andrée et Jean-Pierre font quelques tournois.

Dimanche, debout à 7h45, c’est dimanche, donc rien ne nous presse. Jean-Pierre et moi sommes en cuisine, lui prépare de bonnes choses pour lundi soir, et moi un pain d’épices que je parviens à ne pas bruler en mettant le four sur minimum.

Bonne semaine à tous de notre havre de Koutiala.

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Il s’en passe des choses à Koutiala

Posted on avril 19th, 2010

Bon voici le lundi 12 avril qui se pointe, ce matin je vais chez madame Mariko, j’amène la batterie de son fils Samba qui la payer d’avance. pour les autres objets commandés par madame Mariko, elle viendra les chercher et les payer.

Quand j’arrive dans la cour, c’est le souk, parterre des tas de linges et tissus en tous genres. Madame Mariko m’accueille en me disant qu’elle pensait que je me reposerais aujourd’hui et viendrais demain. Et bien non, je recommence dès le lundi, d’ailleurs je ne suis pas tant fatiguée que ça.

Je vais travailler comme j’en ai l’habitude, elle fait son rangement avec les filles, moi je demande de l’eau, car le robinet est fermé au cadenas, l’eau étant très chère ici, on préfère prendre l’eau au puits, en plus, elle ne contient pas de chlore, ce qui est mieux pour la teinture.

Je lui demande de faire venir le marchand de bazin pour acheter quelques coupons, après quelques négociations on se met d’accord. Nous rentrons à la maison car Madame Mariko voudrait voir les achats que j’ai fait pour elle. Elle est accompagnée de son fils qui transporte les coupons de bazin que je viens d’acheter, et comme nous sommes de bons payeurs nous le payons tout de suite.

Ils essayent l’aspirateur, regardent les cartouches d’encre et les clés USB et demandent le prix, j’ai toutes les factures, JP fait la note et convertit en F CFA. Elle trouve que ça fait cher mais reconnait aussi qu’elle en a acheté pour beaucoup et qu’en fin de compte ça lui revient moins cher que si elle avait acheter au Mali.

Bon elle est en compte avec nous. Ils repartent avec tous les objets. L’après midi, la cour est rangée, les filles dorment, Katou la sœur, dort sur la table où j’aurai bien voulu travailler, tans pis, je travaille sur le seul banc de libre. J’apprends par madame Mariko qu’hier au soir elles sont sorties et qu’aujourd’hui elles sont fatiguées.

Mardi, quand j’arrive dans la cour, madame Mariko me prévient qu’elle doit partir car elle doit aller à la remise des diplômes de trois de ses apprenties : Fatim, Malado et Ayoua. Autant dire dire que en son absence, le travail est au niveau zéro. De mon coté je m’active pour faire des teintures. J’ai la nette impression qu’on me boude.

L’après midi, c’est l’effervescence, car il faut préparer les « uniformes » pour le « top » qui se déroule le 17 avril prochain, mais qu’est-ce que c’est le TOP ? C’est une fête de nuit organisée par l’association des artisans de Koutiala pour récolter quelques sous. D’abord la tenue qui vaut 10 000 F et que porteront les artisans (enfin ceux qui auront pu se la payer) et ensuite l’entrée, je n’ai pas très bien compris mais il y a trois prix : 1 000, 2000 et 5000 F, à l’occasion je demanderai pourquoi.

Le mercredi je demande à madame Mariko si je peux apprendre à faire des points pour le filage, oui d’ailleurs Boniface doit venir, il se marie dimanche prochain avec sa promise Alice, ils sont tous les deux catholiques et le mariage aura lieu dans son village à lui.

Il m’apprend un premier point, mais comme je suis gauchère et que je fais tout à l’envers, j’ai quelques difficultés à le suivre, en plus il est très rapide dans son mouvement, résultat je mets un temps infini avant de comprendre et de faire le point. Mais une fois enregistrée, ça va.

Ce soir nous décidons, comme Andrée est debout de très bonne heure, d’aller faire une ballade vers 6 heures demain matin. A la fraiche, si on peut dire.

Donc ce matin, jeudi nous allons faire une promenade vers les champs de manguiers juste en face de chez nous. Le retour est difficile pour Andrée, nous devons nous arrêter plusieurs fois afin qu’elle se repose, il fait 28° et nous sommes sur une route non goudronnée avec des trous et des bosses.

Dans la cour de la teinturerie ce matin, ça bouge, les « uniformes » sont en teintures, madame Mariko donne ses ordres et tout le monde obéit,  je profite d’un moment d’accalmie pour demander à faire un nouveau point, le premier c’était le cauris, le second c’est le rasta, je continue dans mon coin à faire le shibori.

L’après midi je demande à Boniface s’il peut m’apprendre encore un point, il ne comprend pas, madame Mariko intervient et lui dit « elle veut apprendre des points que nous avons mis 25 ans à apprendre ». Je ne dis rien, j’avale ma salive et j’en conclue… A la maison, après la teinturerie, je m’essaye seule à faire les ponts appris, et bien, ça se passe pas ci mal que ça, on verra bien à la teinture.

En soirée, Andrée décide de nous accompagner demain matin pour notre promenade matinale.

Vendredi, nous sommes debout et habillés à 6 heures, Jean-Pierre va chercher Andrée qui est encore au lit et a décidé de ne pas venir. Bon nous sommes prêts et allons nous balader dans la brousse en passant par le marigot qui est pratiquement à sec. Nous faisons tout un grand tour et revenons par la ville où les marchandes commencent à installer leur étal de poissons, ça ne sent pas encore trop, il n’est que 7 heures, mais je vous dis pas vers 10 heures ce que ce sera.

J’ai plusieurs bazin à faire taper, hier après midi j’ai fait un motif à la bougie, avec un essai de couleur par dessus la premier, ce n’est pas mal du tout. je fais un pliage pour pouvoir faire du shibori dessus, je voudrais essayer de me perfectionner dans cette technique car après les points simples j’aimerai faire des motifs genre fleurs ou oiseaux ou autre chose.

L’après midi, je fais donc des points avec « contours », c’est à dire que là, je dessine sur le tissu et enferme mon motif dans du plastique. Je ferai aussi des rasta au centre des losanges. Le tissu sera visible sur le site http://bazin.koutiala.fr

Ce samedi matin, nous attendons le vendeur de porc qui avait amené un petit cochon l’autre jour, moi je dois aller à la pharmacie pour Jean-Pierre, pendant mon absence petit Ewan arrive, ses parents, Benjamin et Géraldine doivent aller présenter leurs condoléances à un collègue qui vient de perdre sa femme, décédée après son accouchement il  a quinze jours. Elle laisse derrière elle, trois petits enfants de 4 ans et demi, 1 an et demi et 2 semaines. C’est bien triste. Ce midi ils viennent déjeuner à la maison, c’est Jean-Pierre qui est aux fourneaux car moi je suis occupée avec petit Ewan.

Après leur départ dans l’après midi, je me remets au shibori, je n’en vois pas la fin, c’est très long à faire.

Dimanche, c’est repos mais pas pour tout le monde, le jardinier débarque avec ses deux acolytes, il explique son absence de la semaine dernière par la mort de son père enterrer à Bamako, il vient  pour tailler la haie de la montée d’escalier, et biner le carré de haricots verts. Je leur demande aussi de dégager la fenêtre de la cuisine qui est envahi par le bougainvilliers.

L’après midi, sous climatisation, d’un coté, Jean-Pierre et Andrée qui jouent sur BBO et moi dans la chambre aussi sous clim’ à faire mon filage. Il ne sera pas terminer ce soir.

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